La défaite de Viktor Orban a créé un certain désarroi au sein du Rassemblement national (RN), qui perd ainsi son principal allié sur la scène européenne. Marine Le Pen, consciente de l'impact de cet échec, a admis que la débâcle de son allié serait "incontestablement un frein" à ses aspirations politiques.
Orban, qui avait dirigé la Hongrie pendant seize ans, a accueilli les résultats de l'élection avec "élégance", montrant ainsi sa capacité à gérer une alternance qui le pousse dehors. Ses amis français, dont Jordan Bardella et Marine Le Pen, lui ont apporté un soutien indéfectible, le qualifiant de "grand patriote" ayant "défendu la liberté et la souveraineté" de son pays.
Ce soutien s'est accompagné d'une amertume à l'égard des institutions européennes, constamment accusées par Le Pen de multiplier les "faux rapports" assimilant la Hongrie à une "dictature". Le RN, qui avait fait de la lutte contre l'UE son cheval de bataille, est désormais dans une position délicate, cherchant à affirmer son identité tout en se rapprochant d'un allié en déroute.
Le RN, qui aspire à une réorganisation des forces nationalistes en Europe, a des élections cruciales à venir. Le Pen a affirmé avoir "besoin" de la Hongrie pour réaliser ses objectifs, malgré les nombreuses différences qui les séparent, notamment la proximité d'Orban avec Moscou et ses politiques controversées sur les droits humains.
Mme Le Pen a justifié leur partenariat en expliquant qu'Orban défendait avant tout les intérêts de son pays, même lorsqu'il apparaissait en désaccord avec certaines positions du RN. Cette loyauté est à double sens : Orban avait apporté son soutien à Le Pen lors de sa condamnation l'an passé, proclamant sur les réseaux sociaux : "Je suis Marine!".
Sa présence à Montargis pour un meeting avec les alliés européens du RN était un acte symbolique, réaffirmant son soutien à une "combattante courageuse". Toutefois, l'intérêt de cette amitié est à prendre en considération : Orban, de plus en plus isolé, avait besoin de l'appui français pour "sauver la Hongrie de la guillotine bruxelloise".
La situation est d'autant plus complexe car, bien que le parti Fidesz d'Orban ait rejoint la coalition des Patriotes pour l'Europe, il avait précédemment été exclu des démocrates-chrétiens du PPE. Ce revirement le rapproche d'une extrême droite européenne qui, malgré ses forces, peine à s'imposer durablement.
Le RN sera limité dans ses manœuvres à l'égard des institutions européennes. Avec dix élus au Parlement européen, Bardella peut continuer à s'afficher comme un leader influent, mais les récents événements pourraient changer la donne. Avec les conservateurs italiens de Giorgia Meloni aux commandes à Rome, les équilibres au sein de l'UE sont en constante évolution.
Malgré tout, des proches de Marine Le Pen évoquent la défaite d'Orban comme une simple "péripétie électorale", résultant de la "lassitude" de son électorat. "Tous les pays sont en train de basculer. Comme aux échecs, ce n'est pas parce que vous perdez une pièce que vous perdez la partie", ont-ils lâché, espérant que la situation actuelle ne serait qu'un revers temporaire.
Cependant, le soutien financier reçu par Le Pen d'une banque hongroise, à hauteur de 10,6 millions d'euros pour sa campagne, pourrait ne plus être aussi accessible désormais, changement à suivre de près pour le RN.







