Le Liban a exprimé, mardi, son inquiétude face à d'éventuelles attaques israéliennes ciblant ses infrastructures civiles en cas de guerre entre l'Iran et Israël, surtout si le Hezbollah venait à être impliqué dans le conflit. Cette déclaration survient dans un climat de tensions grandissantes.
L'armée libanaise a reporté une attaque présumée d'Israël sur un site militaire dans le sud du pays, le long de la frontière commune. De plus, elle a affirmé avoir reçu l'ordre de riposter.
« Des signaux suggèrent que les Israéliens pourraient frapper fortement si les hostilités s'intensifient, y compris en visant des infrastructures stratégiques comme l'aéroport », a déclaré Youssef Raggi, le ministre des Affaires étrangères libanais, lors d'un entretien avec plusieurs médias, dont l'AFP, à Genève. Il a également précisé que la diplomatie libanaise travaille activement pour que même en cas de représailles, les cibles civiles ne soient pas touchées. « Cette guerre ne nous concerne pas », a-t-il ajouté.
Sur le réseau X, il a exprimé l'espoir que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, fasse preuve de retenue et évite toute nouvelle escalade qui mettrait le Liban en danger.
- Une réaction en chaîne -
Un responsable libanais anonyme a expliqué les craintes d'une « réaction en chaîne » : un strike américain contre l'Iran pourrait provoquer une riposte du Hezbollah, suivie d'une réponse israélienne massive au Liban. Lundi, les États-Unis avaient déjà ordonné l'évacuation « par précaution » de personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth.
Le président américain Donald Trump a également renforcé les tensions en ordonnant le déploiement d'un dispositif militaire dans la région, menaçant d'attaquer l'Iran si les négociations échouaient. En réponse, Téhéran a averti que toute agression, même limitée, entraînerait des représailles « féroces » et risquerait d'entraîner une escalade dans la région.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a quant à lui déclaré récemment que son mouvement se considérerait comme visé si les États-Unis attaquaient l'Iran. Le Hezbollah, seul groupe armé libanais, a été affaibli par les conflits passés avec Israël, qui continue de mener des frappes malgré un cessez-le-feu établi depuis novembre 2024. Israël accuse le groupe d'entreprendre des efforts de réarmement.
- L'appel à la résistance -
Samedi, le Hezbollah a réclamé à ses partisans de faire preuve de « résistance » après la perte de huit de ses membres, dont un responsable militaire, dans des frappes israéliennes.
Conforme aux termes du cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé au début du mois de janvier avoir achevé le processus de désarmement du Hezbollah dans la région frontalière. Cependant, elle accuse maintenant l'armée israélienne d'avoir ouvert le feu alors qu'elle installait un point de contrôle près de Marjeyoun, au sud du pays.
« L'armée a renforcé sa position et ordonné une riposte », a déclaré un communiqué. De son côté, l'armée israélienne a affirmé avoir tenté d'interpeller les soldats libanais quant à l'installation de cette position sans coordination préalable, précisant que des tirs de sommation avaient été effectués lorsque leur demande ne reçut pas de réponse.
- Monopole de la puissance armée -
L'armée libanaise doit maintenant se concentrer sur le désarmement du Hezbollah dans d'autres régions du pays, mais souffre d'un manque d'équipements et de financements. Pendant ce temps, au Caire, une réunion préparatoire à une conférence de soutien aux forces libanaises, prévue en mars à Paris, a souligné la nécessité pour l'État libanais de conserver le monopole des armes. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a précisé que cette réunion vise à aider les institutions libanaises, notamment l'armée, à renforcer leur souveraineté sur le territoire, avec la participation de pays tels que la France, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Égypte et les États-Unis, tous présents aux côtés du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal.







