Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, il y a quatre ans, la Russie s'accroche à son vocabulaire en qualifiant le conflit d"opération militaire spéciale". Malgré la stagnation des combats, le gouvernement russe tente de mobiliser l'opinion publique en invoquant une menace existentielle qui exigerait la "défense" de la nation. Fait notable, cette menace ne proviendrait plus des États-Unis, mais de l'Europe.
Le 24 février, le service de renseignement extérieur de la Russie (SVR) a diffusé un rapport qui fait état d'un complot présumé entre Londres et Paris, visant à fournir à l'Ukraine une "bombe sale". Cette annonce s'accompagne de la promesse d'une réaction de la part de Moscou, illustrant ainsi une intensification de la rhétorique guerrière. Selon France 24, cette manipulation des perceptions cherche à galvaniser le soutien interne face à un conflit de plus en plus déstabilisant.
Les experts observent que cette nouvelle tournure dans le discours officiel pourrait viser à fortifier le patriotisme russe, tout en consolidant le pouvoir du Kremlin. Pierre Verluise, analyste en géopolitique, souligne que la mise en avant de menaces extérieures est une stratégie ancienne pour maintenir le contrôle social et justifier des décisions militaires. "En définissant l'adversaire", explique-t-il, "le régime cherche à unir la population autour d'une cause commune, même si les véritables enjeux sont différemment perçus par le monde extérieur."
Au-delà de la rhétorique, la situation sur le terrain reste complexe, et les objectifs de la Russie en Ukraine semblent peu clairs. Tandis que certains analystes jugent le conflit comme une impasse, d'autres pointent du doigt les conséquences économiques et politiques sur le long terme. Dans ce contexte, il est primordial de rester vigilant face à l'évolution du discours et des actions russes, comme le rappelle Le Monde.







