Alors que la guerre entre l’armée soudanaise et les forces paramilitaires continue de ravager le pays, le conflit entre dans sa quatrième année, laissant 11 millions de Soudanais déplacés et une majorité de la population plongée dans la pauvreté. En réponse à cette crise humanitaire, une conférence internationale se tient à Berlin pour mobiliser des fonds et relancer des négociations de paix instables.
Le mercredi, jour de la commémoration du début des hostilités, des gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile se réunissent, alors que les deux factions belligérantes sont exclues de ces pourparlers décisifs.
Amgad Ahmed, un habitant d’Omdurman, partage son émotion : "Trois ans de guerre ont anéanti notre stabilité. Nous avons perdu nos emplois, nos économies et notre espoir de retrouver un quotidien normal".
Des conférences similaires organisées à Londres et Paris n'ont pas réussi à produire de résultats significatifs, déplore le chancelier allemand, Friedrich Merz, notant que la violence au Soudan peine à attirer l'attention internationale qu'elle mérite.
Depuis janvier, près de 700 civils ont été tués dans des frappes aériennes, alors que les combats se intensifient dans des régions comme le Kordofan-Sud et le Nil Bleu, souligne l’ONU.
Malgré cette tragédie, un calme précaire semble s’être installé à Khartoum, où le redémarrage de certaines activités économiques et scolaires offre une lueur d'espoir. Près de 1,7 million de personnes ont commencé à réinvestir la ville, encore marquée par la violence des dernières années.
Al-Bachir Babker al-Bachir, de retour après trois ans d’absence, se sent partagé : "J'étais heureux de retrouver ma ville, mais ma ville n'est plus ce qu'elle était; les souvenirs sont douloureux, les lieux sont dévastés".
Les efforts diplomatiques menés par le "Quad" — États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte — continuent de piétiner alors que les factions rivalisent pour le contrôle du territoire. Les soutiens étrangers compliquent encore davantage la situation, chacun affirmant ne pas intervenir directement dans le conflit.
La responsable de l'ONU au Soudan, Denise Brown, a exprimé sa frustration face à la répétition du cycle de violence et à l'absence d’avancées significatives, alors que la conférence à Berlin entend qu'il ne faut pas perdre de vue la situation des personnes touchées.
Avec près de 50 millions d’habitants acculés par la pauvreté et l’insécurité alimentaire, l'appel de l'ONU pour un financement de l'aide humanitaire pour 2026 n'est, pour l'instant, comblé qu'à hauteur de 16 %.
La famine a été déclarée dans des zones critiques, notamment dans le Nord-Darfour et le Kordofan-Sud, alertant sur l’urgence de la situation. Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a salué l'initiative allemande, tout en exhortant la communauté internationale à ne pas détourner son regard du Soudan, pris en étau par ce conflit désastreux.







