Claude Guéant sort de son silence. Bien qu'absent pour des raisons de santé lors de son procès en appel relatif à l'affaire libyenne, l'ancien ministre a réagi par écrit aux affirmations de Nicolas Sarkozy, qui l'avait récemment visé en évoquant des questionnements sur sa probité. Lors du procès, l'ancien président a exprimé être « surpris » par certaines révélations le concernant, en lien avec des allégations de financement illicite de sa campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens.
Dans une déclaration faite par l'intermédiaire de son avocat, Me Philippe El Bouchez El Ghozi, Claude Guéant évoque une « profonde meurtrissure » occasionnée par les « mises en cause extrêmement violentes » formulées par Sarkozy. Guéant souligne : « J'ai toujours été loyal et je mets quiconque au défi de douter de ma probité. » Il affirme n'avoir jamais sollicité ni reçu d'argent de quiconque, considérant les insinuations à ce sujet comme gravissimes.
Claude Guéant, condamné en première instance à six ans de prison pour divers délits, s'illustre par ses déclarations fermes : « Un tel soupçon ne peut être porté sans preuves, et ces preuves n'existent pas. » Sa défense prend un tournant intéressant avec le rappel d'un dîner officiel en 2007 avec Mouammar Kadhafi, pendant que Sarkozy était président. Guéant révèle que Sarkozy l'aurait fait appeler pour discuter des vœux de Kadhafi concernant son beau-frère, Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité.
Bien que Nicolas Sarkozy ait catégoriquement nié cet événement lors de son témoignage, Guéant admet qu'il aurait pu surestimer l'importance de ces échanges dans un effort pour maintenir de bonnes relations diplomatiques entre la France et la Libye.
Opposé aux accusations de Sarkozy sur leurs interactions personnelles, Guéant confirme que, même s'il n'a jamais été invité chez son collaborateur, ce dernier a bel et bien salué chaleureusement sa femme à plusieurs occasions, ce qui contredit les affirmations de l'ex-président. « C’est inexact », conclut-il. Ce procès soulève plus que des questionnements quant à la loyauté et aux relations diplomatiques, mettant au jour des tensions historiques entre deux figures emblématiques de la politique française.







