Les lunettes intelligentes de Meta, qui possède des plateformes majeures comme Facebook et Instagram, suscitent de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits, qui craignent que la fonction de reconnaissance faciale intégrée ne devienne un outil d'exploitation par des individus mal intentionnés.
Selon un rapport relayé par Wired, ces organisations demandent à Meta d'abandonner ses projets de déploiement du "Name Tag", une fonctionnalité qui, si elle était activée, donnerait la capacité aux porteurs de lunettes de reconnaître les personnes qui les entourent.
Les préoccupations sont centrées sur les implications éthiques de cette fonctionnalité, qui pourrait potentiellement être utilisée pour identifier discrètement des personnes, comme l'affirment des représentants de l'ACLU et de l'Electronic Privacy Information Center. "Nous ne pouvons pas laisser les harceleurs ou les agents fédéraux identifier les gens silencieusement, associant leurs noms à des informations personnelles," soulignent les signataires.
Meta profite-t-il de l'ascension de l'autoritarisme ?
Des documents internes, divulgués dans le New York Times, ont révélé que Meta envisageait de profiter d'un climat politique instable pour accélérer le déploiement de cette technologie.
Cette stratégie provocatrice, perçue par ses critiques comme une exploitation de la vulnérabilité sociopolitique, pourrait transformer ces lunettes en instruments de surveillance.
Les fonctionnalité de reconnaissance faciale pourrait permettre d'identifier non seulement les amis sur les plateformes Meta, mais aussi n'importe quelle personne ayant un compte dans la base de données de la société. Bien que cette innovation ne soit pas encore possible en Europe à cause des réglementations strictes sur la vie privée, son arrivée aux États-Unis demeure une profonde préoccupation pour la protection des libertés individuelles.
Une plus grande transparence est attendue
Les organisations demandent également plus de transparence sur la manière dont Meta utilise ses technologies dans des cas de harcèlement ou de violence.
"La vie quotidienne des gens ne devrait pas être entravée par la peur de la surveillance d'agents malintentionnés," ajoutent-elles.
Meta a revu plusieurs de ses politiques au fil des ans, bien qu'elle ait par le passé signalé son intention de se distancier de la reconnaissance faciale. En 2019, la société a été condamnée à une amende record de 5 milliards de dollars pour son utilisation controversée de cette technologie. Malgré ses promesses de réformer, certains experts lui reprochent de prioriser les profits au détriment de la confidentialité des utilisateurs.
Actuellement, Meta se trouve dans une zone grise, sans directives claires sur la confidentialité aux États-Unis, tandis que l'absence de reconnaissance faciale en Europe prouve un manque de conformité aux standards éthiques. Les experts s'inquiètent du potentiel abus de ces technologies, qui pourraient encore une fois être mises au service de la surveillance des citoyens.







