Une enquête a été lancée à Paris contre le chanteur Patrick Bruel après qu'une plainte a été déposée le 12 mars, accusant l'artiste de tentative de viol et d'agression sexuelle. Cette affaire porte à deux le nombre d'enquêtes actuellement ouvertes à son encontre en France.
Le parquet de Paris a confié les investigations au 1er district de police judiciaire, mais a choisi de ne pas révéler l'identité de la plaignante. Il est cependant noté que la plainte fait état d'une agression sexuelle potentiellement survenue il y a plusieurs décennies.
Selon les informations obtenues par Mediapart, la plainte a été déposée par Daniela Elstner, actuelle directrice générale d'Unifrance, une organisation française dédiée à la promotion du cinéma national à l’étranger. Les faits remonteraient à novembre 1997, lors d'un festival à Acapulco, au Mexique, où Elstner travaillait comme assistante.
L'avocate de cette dernière, Jade Dousselin, s'est exprimée sur l'importance de cette enquête, notant : "Nous ne pouvons que nous réjouir de l'ouverture rapide de cette enquête préliminaire". Elle a également souligné que sa cliente cherche davantage une forme de libération personnelle qu'une simple condamnation judiciaire.
En parallèle, Patrick Bruel fait également l'objet d'une enquête pour un viol présumé à Saint-Malo, où une plainte a été déposée le 30 septembre 2024, accusant le chanteur d'un viol survenu en octobre 2012. La plaignante aurait rencontré Bruel lors du festival du Film britannique de Dinard.
Christophe Ingrain, avocat de Bruel, a choisi de ne pas commenter les accusations. En revanche, le chanteur a fermement nié toute contrainte sexuelle à l'AFP, insistant sur le fait qu'il "n'a jamais forcé qui que ce soit".
La situation est d'autant plus compliquée qu'un article de Mediapart a révélé des témoignages de plusieurs femmes accusant Patrick Bruel de diverses formes de violences sexuelles entre 1992 et 2019. Certaines de ces accusations impliquent des victimes mineures au moment des faits, ajoutant à la gravité des allégations.
À la suite de ces révélations, Me Ingrain a porté une critique forte sur l'article, affirmant qu'il présente une image déformée de son client : "Cet article fabrique un personnage et un système qui n'ont jamais existé". Il a rappelé que certaines enquêtes antérieures avaient déjà été classées sans suite.
D'autres accusations ont également émergé, y compris une plainte déposée par une attachée de presse belge, qui a affirmé qu'une agression sexuelle s'était produite en 2010 dans les locaux de la RTBF, une radio-télévision publique belge. Malgré une première plainte déposée à l'époque, celle-ci avait été retirée avant de ressurgir dans le contexte actuel.







