Dans un document remis à la cour d'appel, que nous avons pu consulter, Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, a contre-attaqué les accusations formulées par son ex-patron. Bien qu'il ne puisse pas assister au procès en raison de problèmes de santé, Guéant, selon son entourage, se dit "écœuré" par les récents témoignages de Sarkozy. Il a donc décidé de sortir de sa réserve habituelle pour défendre son honneur.
Dans une déclaration de trois pages, Guéant répond point par point aux allégations de Sarkozy concernant leur collaboration. Il réfute toute accusation d'intérêt personnel dans l'affaire libyenne, alors que Sarkozy a laissé entendre que leurs intérêts divergeaient, mentionnant des sommes d'argent perçues par Guéant.
"J'ai seulement suivi les directives du président", a pu lire l'ancien secrétaire général de l'Élysée, regrettant que son ex-patron ne prenne pas la responsabilité des décisions prises durant son mandat. Guéant évoque ensuite les voyages effectués en Libye entre 2008 et 2011, affirmant que Sarkozy était pleinement informé de ces déplacements commandés par l'Élysée.
Un autre point de tension concerne une invitation à dîner. Guéant explique qu'en tant que collaborateur, il est inapproprié d'inviter le président chez lui. Cependant, il corrige également les propos de Sarkozy qui affirmait ne jamais avoir rencontré sa femme, une rencontre qui a eu lieu à plusieurs reprises, assurant qu'elle était toujours chaleureusement accueillie.
Par ailleurs, Guéant a ajouté des révélations concernant un dîner officiel à Tripoli en 2007. Lors de cet événement marquant la libération des infirmières bulgares, Guéant se rappelle que Sarkozy lui a demandé d'aborder des préoccupations du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, soulignant ainsi son rôle actif dans les relations diplomatiques complexes de l'époque.
Comme l'exprime l'expert en communication politique, Jean-Baptiste Mallet, "ce procès ne fait que mettre en lumière les tensions sourdes qui ont toujours existé au sein de l'entourage de Sarkozy". L'attente est maintenant palpable quant à la suite des débats et aux répercussions de cette sortie médiatique de Guéant.







