Mardi 14 avril, le Palais de l'Élysée a été le théâtre d'une perquisition inattendue. Les enquêteurs de la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne s'intéressent aux contrats passés avec la société d'événementiel Shortcut Events, qui a orchestré toutes les cérémonies d'entrée au Panthéon entre 2002 et 2024. Cette information a été révélée par Le Canard enchaîné.
Ces enquêteurs, selon le rapport du quotidien satirique, examinent les conditions d'attribution des marchés à cette entreprise, qui, depuis deux décennies, a régulièrement remporté les appels d'offres pour organiser ces célébrations. Chaque événement était facturé à l'État pour un montant d'environ deux millions d'euros.
Ce raid a soulevé des questions sur l'accès des enquêteurs aux services de l'Élysée. En effet, le Parquet national financier (PNF) a précisé dans un communiqué qu'« en raison de l'article 67 de la Constitution, les locaux attachés à la présidence de la République bénéficient d'une inviolabilité », ce qui complique la tâche des magistrats, comme le souligne Le Monde.
La justice interroge les liens avec Shortcut Events
Les investigations s'attachent à déterminer si la société Shortcut Events a bénéficié de coups de pouce inappropriés de la part d'organismes publics tels que le Centre des musées nationaux (CMN) ou le ministère de la Culture, et potentiellement de l'Élysée elle-même. L'enquête, qualifiée d'enquête complexe, vise des infractions telles que « favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence », d'après le PNF, qui a désigné deux juges d'instruction le 2 octobre dernier pour suivre ce dossier.
Des perquisitions ont également visé des domiciles de personnes mises en cause tout comme les locaux de l'entreprise domiciliée à Paris. Ces développements mettent en lumière des pratiques douteuses dans l'attribution de contrats publics et relancent le débat sur la transparence des marchés publics en France.







