Le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu son verdict ce mardi, condamnant trois agents de la maison d’arrêt pour avoir acheté des arrêts de travail via Snapchat. Ces décisions, qui incluent des peines avec sursis, entraînent une interdiction d'exercer pour les prévenus.
Les trois surveillants, jugés le 31 mars pour avoir élaboré des faux arrêts maladie, sont désormais classés parmi les condamnés, au même titre que les détenus qu'ils surveillaient. La 18e chambre a prononcé des peines de prison avec sursis, dont quatre mois pour deux des agents – une jeune surveillante et son partenaire également surveillant. Ce dernier a pour sa part justifié leurs actions en évoquant des conditions de travail épuisantes, décrivant la prison comme un lieu où la « pression et les agressions » sont omniprésentes.
En un an et demi, la surveillante a ainsi accumulé trente-sept arrêts, dont une vingtaine étaient falsifiés par des médecins ne l’ayant jamais vue. Son compagnon, quant à lui, a produit une douzaine d'arrêts, totalisant plus de 70 jours d'absence. Les commandes d'arrêts étaient passées à des faussaires pour un coût d'environ 40 euros, ce qui soulève des questions sur les pratiques en vigueur dans le milieu du travail pénitentiaire, très touché par un sous-effectif inquiétant. À Nanterre, le taux d'occupation dépasse les 213 %, ce qui complique considérablement la gestion des personnels, comme le souligne Le Parisien.
Jugement sévère
Me Victoire Gibert, avocate du couple de surveillants, a argué que leurs motivations n’étaient pas liées à des loisirs, mais plutôt à un environnement de travail délétère. À l’audience, elle a décrit les conditions difficiles auxquelles ses clients font face quotidiennement, notamment le non-respect des périodes de repos, ce qui peut compromettre la sécurité. Selon elle, ce contexte n’a pas été suffisamment pris en compte par le tribunal, et elle a qualifié la sanction de "sévère".
La sanction est encore plus stricte pour le troisième surveillant impliqué. Il a été reconnu coupable d'avoir produit près de cinquante faux arrêts, entraînant une absence de cinq à six mois entre 2023 et 2024. Sa peine inclut une interdiction d’exercer définitive, ainsi qu’une peine de prison avec sursis de six mois et une amende de 7 000 euros.







