Peu après quatre ans de guerre, la Russie affiche une résilience surprenante face aux sanctions occidentales, prête à maintenir sa présence en Ukraine jusqu'en 2026. C'est ce que conclut une étude de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), reconnu pour ses analyses géopolitiques.
« Nos constats suggèrent qu'il existe peu de preuves qui montrent que la capacité de la Russie à prolonger cette guerre diminue. Au contraire, les indicateurs suggèrent une position militaire renforcée », déclare Bastian Giegerich, directeur général de l’IISS, dans une interview parue dans The Guardian.
Des dépenses militaires en forte augmentation
Les experts mettent en avant les dépenses militaires exponentielles de la Russie, qui s'élevaient à environ 160 milliards d'euros en 2025, représentant 7,3 % du PIB. Selon Fenella McGerty de l'IISS, « ces dépenses ont doublé depuis 2021 ». Bien que des projections évoquent une possible baisse en 2026, cela pourrait être compensé par des années de hausse précédentes.
Giegerich observe que malgré les espoirs d’un cessez-le-feu, les attaques russes contre les infrastructures urbaines ukrainiennes s'accélèrent, recourant à des missiles sophistiqués et aux drones, utilisés pour cibler avec une précision alarmante.
Un développement inquiétant des capacités militaires russes se fait également jour. Le Shahed-136, un drone modernisé, permettrait des frappes à longue portée, jusqu’à 2000 km, augmentant ainsi le rayon d'action des forces russes en Europe.
Cependant, l'étude met en lumière un point fragile : le recrutement et les pertes humaines qui, d’après Nigel Gould Davies, expert en Russie, pourraient devenir un obstacle majeur. « Si cette tendance persiste, la Russie pourrait être forcée d'envisager une nouvelle mobilisation forcée », note-t-il.
Malgré cela, l’analyse conclut sur une note contrastée, signalant que la Russie parvient à gérer ses pertes tout en adaptant la cadence de ses offensives. Cela soulève des préoccupations quant à la prolongation d'un conflit déjà dévastateur pour la région.







