Le 13 avril, Rima Abdul-Malak, ancienne ministre de la Culture et actuelle directrice du quotidien libanais L'Orient-Le Jour, a exprimé ses réflexions sur la situation au Liban lors de l'émission "Tout est politique" sur Franceinfo. À la veille de discussions historiques entre le Liban et Israël à Washington, elle a partagé son point de vue sur les attentes et l'état d'esprit des Libanais.
Des discussions historiques
Rima Abdul-Malak a souligné que les réunions prévues ne constituent pas de véritables négociations, mais représentent un commencement. "Il y a un début d’espoir, bien que les Libanais soient peu confiants quant aux résultats, en raison du déséquilibre des forces entre le Liban et Israël," a-t-elle déclaré. Elle espère qu'un cessez-le-feu sera établi, permettant ainsi un dialogue constructif sans l'ombre des conflits armés. "Il faut vraiment que le langage des armes se taise pour que le langage diplomatique commence," a-t-elle précisé.
Perception des discussions par les Libanais
Alors que le Premier ministre libanais a accepté de participer aux discussions malgré les poursuites militaires israéliennes au sud, l’opinion populaire est divisée. Bien que ces négociations soient considérées comme un pas en avant, la légitimité du gouvernement est mise en question. Un citoyen libanais a affirmé, "Nous ne pouvons pas rester passifs tandis que notre pays est menacé. Chaque Libanais souhaite la paix, mais les défis sont immenses." En ce sens, la France, par la voix de son gouvernement, a également exprimé le besoin urgent d'un cessez-le-feu, intégrant ainsi le soutien international dans ce processus de paix.
Les défis internes et le désarmement du Hezbollah
Abdul-Malak a évoqué la volonté du nouveau gouvernement de désarmer le Hezbollah, précisant que le désarmement est essentiel pour l’avenir du pays. "Tout le monde s’accorde à dire que la question du Hezbollah est cruciale. La communauté internationale doit soutenir les efforts de l’armée libanaise pour restaurer l’autorité de l’État." Elle a, cependant, reconnu les défis à venir, notamment la nécessité d’un soutien externe pour être en mesure d’affronter le Hezbollah. La question de l’existence d'une milice armée sur le sol libanais reste un point sensible pour de nombreux citoyens, exprimant des opinions variées sur la nécessité de ce désarmement.
Réactions face à la guerre
Les récents événements ont exacerbé les tensions au sein de la population. "Les Libanais sont pris entre deux menaces : la violence israélienne et la présence du Hezbollah," a observé Rima. L’opinion publique demeure partagée, avec une partie de la population qui soutient le Hezbollah, tandis que d'autres critiquent ses actions. Une Libanaise a commenté : "Nous ne pouvons pas accepter que notre pays soit un champ de bataille, que ce soit par Israël ou le Hezbollah. Nous souhaitons un avenir meilleur pour nos enfants." La diversité d'opinion reflète un paysage complexe, mais, selon Abdul-Malak, une majorité souhaite ardemment un avenir de paix.
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