Le maire de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a été interrogé le 13 avril 2026 par la justice valaisanne suite à l'incendie meurtrier du bar "Le Constellation", qui a coûté la vie à 41 personnes. Féraud a nié avoir été mis au courant des contrôles de sécurité absents depuis 2019 dans l’établissement. Une enquête pénale s'est ouverte pour établir les responsabilités de ce drame.
Lors de son audition, Féraud a soutenu qu'il n'avait pas connaissance du fait que les contrôles n'avaient pas été effectués depuis six ans. Comme le rapporte Midi Libre, il a pourtant reconnu peu après l'incendie que ces vérifications de sécurité et d'incendie, qui devraient être faites chaque année, n'avaient pas été réalisées.
Féraud, impliqué dans une enquête qui touche neuf individus, a déclaré par l’intermédiaire de son avocat, Christian Delaloye, que l’investigation doit déterminer si les responsables ont effectivement eu les moyens nécessaires pour effectuer ces contrôles. "À chaque demande de renforcement en personnel, le conseil communal a répondu positivement", a affirmé Delaloye, soutenant que le dossier le prouve.
Les parties civiles, néanmoins, expriment leur mécontentement. Certaines d'entre elles, représentées par l'avocat Alain Viscolo, ont indiqué qu'aucune réponse satisfaisante n'a été fournie sur les raisons d'une telle négligence durant les six années sans contrôle. "Le maire a évoqué un système de sécurité publique complexe à Crans-Montana, mais cette complexité semble avoir conduit à un vide d'autorité et de responsabilité", a-t-il commenté.
Suffisamment de moyens pour les contrôles ?
Un autre avocat, Romain Jordan, a souligné que les réponses fournies par le maire n’étaient pas satisfaisantes. Cependant, il a noté une prise de conscience croissante de la négligence derrière ce tragique incident. À côté des carences dans la commune, l’enquête cherche aussi à éclaircir les décisions des propriétaires français du bar, Jacques et Jessica Moretti, concernant les mesures de sécurité et les circonstances de l’incendie, qui aurait été causé par des étincelles de bougies touchant une mousse insonorisante au plafond.
Le ministère public a été critiqué pour son manque de rapidité dans les enquêtes et a récemment intensifié ses auditions, convoquant d'anciens et actuels responsables de la commune. Un ancien membre du service de sécurité et un conseiller communal sont appelés à témoigner pour faire avancer l’affaire, selon Midi Libre.
Des questions demeurent quant à la responsabilité ultime dans ce drame, qui a fait 41 morts. À ce jour, 115 personnes ont été blessées, et le dernier rapport de l’Office fédéral de la protection civile indique que 38 patients sont encore hospitalisés, dont une partie à l’étranger.







