Les forces américaines ont débuté leur retrait d'une base située dans le nord-est de la Syrie, avec l'intention de quitter complètement le pays dans un mois. Ce retrait s'inscrit dans un contexte où le gouvernement syrien, soutenu par des alliés, étend son autorité sur le territoire, entraînant une coalition élargie contre les groupes jihadistes.
Lundi dernier, une colonne de poids lourds, chargée d'équipements militaires, a été aperçue quittant la province de Hassaké, dernière enclave kurde, en direction de la frontière irakienne, selon un responsable local. Au cours des deux semaines précédentes, les États-Unis avaient déjà évacué deux bases, celles d'al-Tanf au sud-est et d'al-Chaddadi au nord-est.
Selon une source gouvernementale syrienne souhaitant rester anonyme, "d'ici un mois, il n'y aura plus de personnel militaire américain dans ces bases". Actuellement, environ un millier de soldats américains se trouvent en Syrie, principalement dans des zones échappant au contrôle de Bachar al-Assad, qui a été renversé par une coalition islamiste fin 2024.
Les forces américaines ont joué un rôle crucial dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), menant des frappes aériennes depuis leur présence militaire. En 2014, Washington avait formé une coalition internationale pour contrer l'avancée de l'EI, qui avait conquis d'importantes parties de la Syrie et de l'Irak durant la guerre civile.
Bien que l'EI ait été défait en Syrie en 2019, des cellules dormantes subsistent dans des zones désertiques, et dans un récent message audio, le groupe a appelé ses combattants à défier les nouvelles autorités syriennes.
Un diplomate, s'exprimant sur condition d'anonymat, a rassuré que "le retrait devrait être finalisé dans les vingt jours". Ce dernier a expliqué que les États-Unis pourraient désormais réaliser des frappes depuis leurs bases situées dans les pays voisins, notamment en Irak.
Les forces internationales devraient cesser leur présence dans le nord de la Syrie d'ici trois à cinq semaines, après 12 ans d'engagement, comme l'a confirmé un responsable kurde. Les convois militaires transporteront équipements et systèmes de défense vers des infrastructures sécurisées, selon des informations rapportées par Le Monde.
Ce retrait coïncide avec des mouvements pour intégrer les forces kurdes dans l'armée syrienne, en vertu d'un accord signé fin janvier. Les États-Unis ont condescendu que la mission principale des Kurdes, qui étaient sur la ligne de front contre l'EI, avait été largement accomplie. Cela se matérialise par le transfert de plus de 5.700 membres présumés de l'EI vers l'Irak pour une surveillance accrue.
En parallèle, les autorités ont récemment déplacé les détenus du camp d'al-Hol vers un autre site, suite à des évasions massives. À travers ces manœuvres, Washington renforce également ses capacités militaires autour de l'Iran, exacerbant les tensions régionales en cas de litige sur le programme nucléaire iranien.







