Abattu le 22 février à l'âge de 59 ans, Nemesio "El Mencho" Oseguera, leader redouté du cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a orchestré une montée en puissance de cette organisation criminelle à travers un usage implacable de la violence. Sa capacité à défier le gouvernement mexicain a fait de lui une figure incontournable du narcotrafic, supplantant d'autres cartels après l'arrestation de figures emblématiques telles que Joaquin "El Chapo" Guzman.
La récompense de 15 millions de dollars promise par les États-Unis sur sa tête témoigne de l'importance de sa capture aux yeux des autorités américaines.
Ce spécialiste du crime organisé, décrit par l'expert José Reveles comme un personnage "violent de nature", a toujours choisi l'affrontement direct avec les forces de l'ordre, alors que d'autres groupes préféraient rester en retrait. En 2020, une attaque audacieuse contre le secrétaire fédéral à la Sécurité publique a révélé son audace, laissant trois morts, dont des membres de son escorte.
Le passé criminel d'El Mencho est marqué par plusieurs événements brutaux, dont l'attaque d'une gendarmerie nationale en 2015, qui s'est soldée par la mort de nombreux policiers et militaires. Une démonstration de force qui n'a pas manqué d’inquiéter l'État.
Une présence dans quasiment tout le Mexique
Difficile de dresser un portrait complet d'El Mencho, peu se risquant à le mettre en lumière. Sa discrétion se reflète dans les rares images qui circulent de lui. Il apparaît dans certains avis de recherche avec un visage anguleux et un look soigné, mais les informations précises sur sa vie demeurent floues.
Né en 1966 dans une famille modeste du Michoacan, il a connu un parcours difficile, imitant certains pairs en s'exilant aux États-Unis où il a purgé une peine pour trafic d'héroïne. De retour au pays, il a intégré le cartel del Milenio, avant de fonder en 2009 le CJNG. Sa réputation de brutalité a atteint son paroxysme avec des actes sanguinaires, marquant le paysage du crime organisé au Mexique.
Après l'extradition du "Chapo" et de "Mayo", le CJNG a rapidement consolidé son pouvoir, comptabilisant des lourdes pertes humaines au fil des années. En 2025, le département d'État américain a qualifié cette organisation de terroriste, mettant en évidence sa présence transnationale.
Les activités criminelles d'El Mencho ne se limitaient pas à la vente de drogues : extorsions, trafic d'armes et même vols de pétrole sont dans son arsenal. Sa stratégie d’accès à des marchés moins disputés comme l’Europe et l’Asie montre sa capacité à s’adapter face à des rivaux plus puissants.
Sur le plan personnel, Oseguera a traversé des tempêtes : divorcé et père de trois enfants, il a vu deux de ses fils incarcérés, dont l'un a été condamné à la réclusion à perpétuité aux États-Unis. La fin d'El Mencho pourrait-elle ouvrir la porte à une transformation du paysage criminel mexicain ? Seul l'avenir le dira.
Avec AFP







