Amélie de Montchalin prend la tête de la Cour des comptes : enjeux et questionnements

Une nomination qui soulève des interrogations sur l'intégrité et le conflit d'intérêts
Amélie de Montchalin prend la tête de la Cour des comptes : enjeux et questionnements
La nouvelle présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, le 11 février 2026 devant l'Elysée, à Paris © Bertrand GUAY / AFP/Archives

Paris (France) – Amélie de Montchalin a officiellement été nommée à la présidence de la Cour des comptes, un organisme essentiel au regard de la gestion des finances publiques. Cette nomination, annoncée récemment par l'Elysée, suscite déjà des inquiétudes sur un potentiel conflit d'intérêts, venant directement de son poste précédent en tant que ministre de l'Action et des Comptes publics.

Le décret mettant fin à ses fonctions ministérielles a été publié dimanche au Journal officiel, et elle prend ses nouvelles fonctions à un rythme surprenant, moins de 48 heures plus tard. Sa nomination représente une première historique, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste prestigieux qui a vu défiler des figures politiques majeures de l'histoire récente de France.

À seulement 40 ans, Amélie de Montchalin, qui a été propulsée par la dynamique macronienne, soulève des doutes quant à ses capacités à concilier son ancien rôle avec celui de contrôle des finances publiques. Ce que certains considèrent comme un avantage pour l'efficacité de l'institution peut rapidement se transformer en un sujet délicat. Cette inquiétude est partagée par François Ecalle, ancien magistrat de la Cour, qui exprime des réserves sur sa capacité à juger des comptes de 2025 tout en ayant fait partie du gouvernement qui les a élaborés.

Carine Camby, la première présidente par intérim, a cependant tenté d'apaiser les craintes en rappelant que la Cour fonctionne sur un principe de collégialité. "L'indépendance et l'objectivité des rapports sont préservées car le premier président ne participe pas aux débats" a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse, le jeudi précédent.

Pourtant, des magistrats financiers ont publié une tribune dans Le Monde, qualifiant sa nomination de "faille institutionnelle" de la Ve République et appelant à une réforme des conditions de nomination des présidents de la Cour. Ils soulignent que la légitimité des décisions de l'institution est cruciale dans un contexte économique tendu.

Avant sa nomination à la Cour, Amélie de Montchalin a occupé plusieurs postes ministériels, notamment en tant que secrétaire d'État aux Affaires européennes et ministre de la Transition écologique. Elle a perdu son siège lors des élections législatives de 2022, mais son ascension rapide dans l'administration française reste un phénomène notable.

Certaines voix, comme celle de François Ecalle, recommandent une vigilance accrue concernant les conflits potentiels. "Elle va être à la fois juge et partie, mais la collégialité de la Cour limite partiellement ce risque", conclut-il dans ses déclarations.

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