Durant l'exercice Hedgehog en mai 2025, des forces estoniennes et ukrainiennes chargées de la guerre par drones ont réussi à neutraliser deux bataillons de l'Otan en à peine vingt-quatre heures. Ce résultat est jugé « choquant » par certains observateurs, bien que l'état-major français atténue ces conclusions en soulignant les conditions spécifiques de l'exercice.
C'est un véritable coup de semonce pour l'Otan. L'exercice, organisé en Estonie, met en lumière les faiblesses des forces alliées face à la guerre par drones. Des rapports provenant de Le Figaro et du Wall Street Journal citent que deux bataillons ont été considérés comme neutralisés dans ce conflit simulé. Près de 16 000 soldats de douze nations ont été plongés dans ce champ de bataille inspiré des conditions ukrainiennes, où les militaires de l'Otan ont dû faire face à des unités ukrainiennes et estoniennes adeptes des drones.
Paris nuance le bilan négatif
A Paris, le ton est moins alarmiste. Des officiers français interrogés évoquent que le contingent, qui comprend environ 1 000 hommes, n'était pas là pour revivre un affrontement entre blindés et drones. Leur objectif principal était de tester des stratégies de renforcement logistique en lien avec la mission Lynx.
Cet exercice a également suscité des critiques parmi certains militaires, qui rappellent que ces simulations de l'Otan sont souvent soigneusement scénarisées, visant à perturber les unités en formation. Cela correspond à la nature des exercices militaires en France, où des situations de conflits sont également simulées afin de renforcer la préparation des troupes.
Une révolution tactique déjà en marche
Cependant, cet incident souligne un changement significatif dans la façon de conduire les opérations militaires. En effet, la guerre en Ukraine a considérablement raccourci le temps nécessaire pour passer de la détection d'une cible à son engagement, un processus qui dépend fortement de la circulation rapide des informations et de l'utilisation de technologies avancées. Ces avancées rendent les forces regroupées particulièrement vulnérables.
Le débat s'intensifie parmi les experts militaires. Certains estiment que les armées occidentales doivent impérativement s'adapter à cette nouvelle réalité tactique, tandis que d'autres suggèrent que cette situation pourrait aussi être exploitée par les Ukrainiens et les Estoniens pour influencer la décision des gouvernements européens concernant les budgets militaires et les choix d'équipement.
Au-delà des controverses qui entourent cet exercice, une conclusion émerge : la dynamique du champ de bataille a changé. Les unités mécanisées qui ne s'ajustent pas à la surveillance continue et aux frappes décentralisées risquent de subir des pertes significatives, même au sein d'exercices orchestrés.







