Salon de l’agriculture 2026 : tensions et attentes au cœur d’un rendez-vous crucial

Un événement clé pour l'agriculture française, marqué par des tensions et des espoirs de changement.
Salon de l’agriculture 2026 : tensions et attentes au cœur d’un rendez-vous crucial
Pas de bovins cette année au Salon de l’agriculture, en raison de la dermatose nodulaire, mais des cochons et des moutons. © (Photo d'illustration NR, Mathieu Herduin)

Seules la FNSEA et les Jeunes agriculteurs accueilleront Emmanuel Macron samedi 21 février, lors de l’ouverture du Salon de l’agriculture. Après trois années de crises successives, les campagnes françaises demeurent en émoi.

Le Salon international de l’agriculture (SIA) sera le théâtre de tensions palpables au sein du secteur agricole. Alors que la Confédération paysanne, syndicat d’obédience gauche, s'est déjà manifestée, la Coordination rurale (CR) a décidé, le 20 février, de boycotter l’inauguration par Emmanuel Macron. « Nous ne souhaitons pas être présents lors du petit-déjeuner en compagnie du président de la République », a affirmé Bertrand Venteau, le président de la CR, en confirmant des informations du site Contexte. « Je déconseille à Emmanuel Macron d'essayer de venir nous voir, son accueil risque d’être glacial », a ajouté François Walraet, le secrétaire général du second syndicat agricole. Dans ce contexte, seule la FNSEA et les Jeunes agriculteurs se présenteront à l’événement aux côtés du chef de l’État. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a souligné que le salon « doit rester un lieu de convivialité et d’échanges, mais sans occulter une crise agricole persistante depuis trois ans ».

Une vision manquante pour l’agriculture française

Les mois précédant le salon se sont traduits par des manifestations significatives au cours des trois dernières années. En 2024, les agriculteurs réclamaient des revenus décents et une reconnaissance. En 2025, ils attendaient des actions concrètes suite à des promesses retardées par une instabilité gouvernementale. En 2026, c’est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a suscité un ras-le-bol, combinée à des inquiétudes croissantes sur l'accord de libre-échange UE-Mercosur, une balance commerciale déficitaire et des variations climatiques de plus en plus inquiétantes.

Dans les exploitations, la fatigue et l’exaspération dominent. L’année a été marquée par des débats autour de la loi Duplomb, aggravant les clivages entre défenseurs de l’environnement et partisans de la productivité face à la concurrence étrangère. Le gouvernement a multiplié les annonces, faisant du salon un point d’étape pour les discussions sur la souveraineté alimentaire, la gestion de l’eau et l’élaboration d’une « loi d’urgence agricole » dont les details demeurent flous. En réponse aux attaques de prédateurs sur les troupeaux, le gouvernement a également annoncé que des tirs seraient autorisés contre un loup agressant un troupeau, même sans mesures de protection spécifiques.

À moins d’un an des élections présidentielles, les syndicats agricoles semblent désabusés, ne s’attendant plus à recevoir une « vision cohérente de l’agriculture française ». Emmanuel Macron, lors de sa récente visite à une ferme, a esquissé trois mots-clés pour sa politique : « production, préservation, protection ». Toutefois, la FNSEA a souligné que « les agriculteurs espèrent des décisions courageuses et cohérentes », notamment en ce qui concerne le retour de la loi Duplomb sur les pesticides, que l’exécutif semble hésiter à promouvoir. À propos de la loi d’urgence agricole, Arnaud Rousseau a déploré qu’il n’existe même pas de trame proposée par le gouvernement.

Une participation régulée

Contrairement à la FNSEA et aux JA, qui continuent d’être perçus comme les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics, la Coordination rurale (CR) se positionne clairement en opposition au gouvernement. « Nous ne venons pas au salon pour faire la fête, mais pour interpeller nos élus et demander soutien à la fois en amont et en aval », a précisé Bertrand Venteau, en mentionnant aussi bien les banques que les supermarchés, dans un contexte de négociations cruciales entre agro-industriels et grande distribution, qui doivent se clôturer avant la fin du salon.

« Chaque année, nous ne pouvons pas exercer cette pression sur le salon », a averti Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur de l’événement, en rappelant que les manifestations et distributions de tracts sont interdites sur le site. Les déambulations des politiciens seront également « plus encadrées » que lors des éditions précédentes.

Avec AFP

Salon international de l’agriculture, du 21 février au 1er mars 2026, Paris Expo - Porte de Versailles.

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