Le 19 février, le président argentin Javier Milei se retrouve confronté à sa quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat. Ce mouvement de contestation vise directement sa réforme de dérégulation du travail, qui continue à progresser dans le cadre parlementaire.
Depuis minuit heure locale (4 heures à Paris) et pour une durée de 24 heures, tous les secteurs, incluant transports, banques et fonction publique, s'annoncent paralysés ou au ralenti. La centrale syndicale CGT a pour sa part promis une mobilisation importante. Cet impact pourrait surpasser celui enregistré lors de la dernière grève d'avril 2025 qui visait le pouvoir d'achat. Contrairement à cette dernière, où de nombreux bus circulaient normalement, Aerolineas Argentinas a prévu d'annuler 255 vols ce jeudi, touchant ainsi plus de 30 000 passagers.
Cette mobilisation est le signe d'un regain de tension sociale quatre mois après l'élection victorieuse de l'ultralibéral Javier Milei, qui a renforcé sa position suite aux législatives. Ce mouvement cherche à exprimer auprès du gouvernement que le soutien populaire ne signifie pas une acceptation de la diminution des droits. Cristian Jeronimo, codirigeant de la CGT, a précisé : « Nous voulons dire au gouvernement que le peuple lui a donné son vote, mais pas pour qu’il lui retire des droits ».
Une réforme pour doper l’embauche
La réforme, qualifiée de « modernisation du travail », propose plusieurs modifications, dont la facilitation des licenciements et l'extension des journées de travail de 8 à 12 heures. Le gouvernement prétend que ces changements favoriseront l’embauche, 40 % des emplois en Argentine étant informels. Toutefois, la CGT dénonce cette approche, qualifiant cette réforme de « précarisation » du travail.
Malgré la contestation, le projet avance au Parlement. La semaine dernière, il a été adopte au Sénat, après quelques compromis. Le gouvernement semble confiant quant à une approbation par la Chambre des députés, après d'autres concessions. Cela dit, des tensions demeurent, et certains syndicats ont prévu des mobilisations près du Parlement.
En marge de cette mobilisation, la fermeture prochaine d'une usine emblématique, perte de 900 emplois à la clé, alourdit le climat social déjà difficile. Javier Milei, quant à lui, se rendra à Washington pour une réunion avec Donald Trump, évitant ainsi de prendre part aux éventuelles tensions sur le terrain.
Dans un contraste frappant, bien que le président ait critiqué les taux d'inflation, lesquels ont chuté de plus de 150 % à 32 % en deux ans, cette situation est la conséquence de multiples coupes budgétaires et d'une austérité sévère, qui a contribué à la perte de près de 300 000 postes de travail, tant publics que privés. Une crise économique pesante pèse ainsi sur l'avenir de nombreux Argentins.







