Lors d’une audience très attendue à Los Angeles, Mark Zuckerberg, le fondateur de Meta, a pris place comme témoin pour défendre son entreprise face à des accusations graves. Les réseaux sociaux, en particulier Instagram, sont accusés d’avoir « fabriqué » l’addiction de jeunes utilisateurs. En réponse aux critiques, Zuckerberg a admis qu’Instagram aurait dû restreindre l’accès aux utilisateurs de moins de 13 ans bien plus tôt.
Ce témoignage, qui a duré six heures, a été sa première expérience devant un jury populaire. Le PDG de Meta, qui supervise également Facebook et WhatsApp, a parfois semblé ferme, parfois agacé, en affirmant que la société ne visait plus à maximiser le temps passé sur ses plateformes. Des milliers de familles américaines soutiennent que les pratiques de ces géants technologiques ont délibérément conçu des expériences addictives pour les jeunes, une allégation que les entreprises nient.
Avant 2019, Instagram n’avait pas mis en place de vérification de l’âge pour les comptes nouveaux. En témoignant, Zuckerberg a reconnu que des progrès auraient pu être réalisés plus tôt, précisant : « Nous avons ajouté de nouveaux outils de détection au fil des années ». Cependant, des documents internes divulgués par l’avocat de la plaignante, Mark Lanier, révèlent qu’en 2018, jusqu'à quatre millions de comptes Instagram appartenaient à des enfants de moins de 13 ans.
Une problématique de santé mentale
Le procès, qui se penche spécifiquement sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale, implique une jeune Californienne, Kaley G.M., 20 ans, qui a été exposée à Instagram dès ses 9 ans. Les jurés devront déterminer si Instagram et YouTube ont contribué à des problèmes de santé mentale chez Kaley, parmi d'autres enfants.
Mark Zuckerberg a également été confronté à ses propres déclarations passées, notamment un objectif qu'il avait fixé en 2015 : augmenter le temps de consommation sur Instagram de 12 % sur trois ans. « À un moment donné, il n’était plus logique d’avoir des objectifs liés au temps passé », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que l’expérience utilisateur prime désormais sur la durée de visite.
Des réponses sous pression
Tout au long de son témoignage, Zuckerberg a été mis à rude épreuve par des questions sur Instagram et sur les impacts de fonctionnalités telles que les filtres de chirurgie esthétique. Malgré une posture initiale calme, il a montré des signes d'agacement face à certaines interrogations, affirmant que le temps passé sur une application ne devrait pas être un indicatif de son efficacité. « Si ce que vous proposez n’est pas bénéfique, les utilisateurs se désengageront », a-t-il argumenté.
En réponse à un document interne de 2022 établissant des objectifs d'utilisation, Zuckerberg a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'objectifs stricts mais d'éléments de mesure de la satisfaction. De plus, il a critiqué Apple et Google pour ne pas avoir mis en place des mécanismes efficaces de vérification d'âge, laissant cela aux applications individuelles. Dans la continuité, d'autres applications comme TikTok et Snapchat ont récemment choisi de régler des accords à l’amiable face à des accusations similaires avant ce procès.
Source : AFP







