José Maria Balcazar, un parlementaire de gauche, a été élu mercredi à la présidence du Parlement péruvien, lui permettant ainsi d'accéder automatiquement à la présidence intérimaire du pays, suite à la destitution rapide de José Jeri, dans un climat de tensions politiques croissantes.
Âgé de 83 ans, cet avocat et ancien magistrat devient le huitième président du Pérou en moins de sept ans. Il exercera ses fonctions jusqu'à l'élection de son successeur prévue le 28 juillet, après les élections générales de ce printemps.
"José Maria Balcazar Zalada a été élu à la présidence du Congrès. Par conséquent, il assumera l'intérim de la présidence de la République du Pérou", a tweeté le Parlement sur son compte X.
Parlementaire depuis 2021, Balcazar a remporté les élections lors d'un second tour après un premier vote sans majorité. Il a obtenu 60 voix, devançant Maria del Carmen Alva, sa rivale centriste, qui a reçu 46 voix.
Cependant, Balcazar n'est pas étranger à la controverse. En 2023, il a fait l'objet de critiques après avoir déclaré que "les relations sexuelles précoces favorisent le développement psychologique des femmes", lors d'un débat sur l'interdiction du mariage infantile, une position qui a suscité la réprobation de nombreux groupes, y compris du ministère de la Femme.
L'avenir politique de Balcazar reste incertain, selon l'analyste politique Augusto Alvarez, qui a exprimé des doutes quant à la capacité de son successeur à rester en fonction jusqu'en juillet. "Il est difficile de garantir que celui qui prendra la relève de Jeri sera en mesure de maintenir sa position jusqu'aux élections", a-t-il déclaré à l'AFP.
La destitution de José Jeri, survenue à la suite de plusieurs demandes de renvoi, a été votée par 75 voix pour, 24 contre et trois abstentions. Les critiques à son encontre incluaient un"manque d'aptitude" à exercer ses fonctions, ainsi que des enquêtes préliminaires pour trafic d'influence.
Jeri a fait l'objet d'enquêtes pour une rencontre secrète avec un homme d’affaires chinois lié à des contrats gouvernementaux, ainsi que sur son rôle présumé dans le recrutement de neuf femmes au sein de son administration.
Sur TikTok, Jeri a exprimé son départ "le cœur plein et en paix" et a indiqué son intention de continuer son engagement politique depuis son siège parlementaire, affirmant qu'il notait des avancées notables dans des enjeux qui étaient en suspens depuis des décennies.
Ce bouleversement puni par le parlement péruvien illustre l’instabilité chronique du pays, où depuis 2016, quatre des sept présidents se sont vus destitués, tandis que deux ont choisi de démissionner avant d'affronter le même sort. Seul un président a réussi à mener son mandat intérimaire à son terme.
Dina Boluarte, son prédécesseur, a été destituée suite à des vagues de manifestations en réaction à la montée de l'insécurité dans le pays. Le prochain scrutin, prévu pour le 12 avril, promet d'être particulièrement chargé avec plus de 30 candidats en lice pour la présidence et le retour d'un Parlement bicaméral.







