Le roi Frederik X a débuté mercredi une visite de trois jours en Nuuk, capitale du Groenland, pour montrer sa solidarité envers ce territoire stratégique devenu l'objet de convoitises diplomatiques, notamment de la part de Donald Trump.
Accueilli par une trentaine de Groenlandais à l'aéroport, le roi a salué la foule, à laquelle s'est joint le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, comme l'a rapporté un journaliste de l'AFP.
Un homme de 44 ans parmi les spectateurs a exprimé son enthousiasme : "On est venu voir le roi. C'est important pour nous." Cette visite intervient alors que le Groenland est au cœur d'une crispation diplomatique entre États-Unis et Europe, Trump ayant manifesté des ambitions d'acquisition de l'île arctique.
Lors de l'annonce de sa visite en janvier, le roi avait déclaré ressentir "une profonde solidarité" envers les Groenlandais, inquiets des desseins américains sur leur territoire. "À travers la presse, j'ai senti l'inquiétude des gens, c'est une préoccupation partagée", a-t-il souligné, mentionnant également sa femme, la reine Mary.
Le souverain, qui joue un rôle essentiellement symbolique, a planifié des visites au lycée de Nuuk, à l'entreprise de pêche Royal Greenland, ainsi qu'au siège du commandement arctique qui veille sur la souveraineté danoise dans cette région. Sa journée s'achèvera autour d'un café au centre culturel de la ville.
Jeudi, il se rendra à Maniitsoq, pour rencontrer des entrepreneurs locaux, avant de visiter un centre d'entraînement arctique à Kangerlussuaq vendredi.
Malgré un passé colonial difficile, la monarchie danoise est perçue favorablement par les Groenlandais. Adepte d'activités outdoor, Frederik X avait effectué une expédition à ski de quatre mois à travers le Groenland en 2000.
Les autorités américaines soutiennent que le contrôle du Groenland est crucial pour leur sécurité nationale, accusant le Danemark et les Européens de ne pas protéger ce point stratégique contre les ambitions russes et chinoises.
Bien que Trump ait initialement évoqué l'idée de racheter le Groenland, il a ensuite apaisé les tensions en signant un accord avec le secrétaire général de l'Otan, visant à renforcer l'influence américaine dans la région, ce qui a ouvert la voie à des discussions entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis.
En mars 2025, le vice-président américain JD Vance avait vivement critiqué ce qu'il qualifiait d'inaction du Danemark face à la situation. Dans une déclaration rare, Frederik X a affirmé : "Mon amour pour le Groenland et mon lien avec le peuple groenlandais sont intacts." Ces tensions ont engendré l'une des crises les plus graves pour l'Alliance atlantique depuis sa création en 1949.







