Fontenay-sous-Bois (AFP) – "Le soir, ce n'est pas terrible ici". La gare RER de Val-de-Fontenay, située à l'est de Paris, est souvent perçue comme un lieu peu sûr pour les femmes prenant le train seules. Couloirs faiblement éclairés, recoins sombres, quais peu accueillants : la situation préoccupe de nombreuses habitantes.
Anne, une résidente de Fontenay-sous-Bois, affirme : "Pour rentrer de Paris, je conseille à mes filles de prendre d'abord le bus à Vincennes plutôt que de traverser cette station", un sentiment d'inquiétude partagé lors d'une récente "marche exploratoire" organisée avec des responsables de la RATP, de la SNCF et d'Ile-de-France Mobilités (IDFM). "J'espère que nos messages seront entendus", dit-elle, pleine d'espoir.
Cette initiative vise à recenser les aménagements nécessaires pour améliorer la sécurité des lieux. "Ajouter des miroirs pour mieux voir ce qui se passe derrière soi ou renforcer l'éclairage dans les couloirs sombres sont parmi les suggestions des participantes", souligne Anne.
Les statistiques sont alarmantes : une enquête de la RATP révèle que sept femmes sur dix ont subi des violences sexistes ou sexuelles dans les transports franciliens. Le taux monte à huit femmes sur dix chez les 15-18 ans, et même à neuf sur dix pour les 19-25 ans. La nécessité d'agir est donc cruciale.
Pour la première fois, cette marche a été organisée en collaboration avec la SNCF (Transilien) et IDFM, mettant en lumière l'importance d'une approche unifiée pour aborder ce problème de sécurité.
La gare de Val-de-Fontenay, ouverte dans les années 70 pour servir de nouveaux grands ensembles urbains, accueille le RER A (géré par la RATP) et le RER E (géré par la SNCF). Actuellement, une nouvelle gare plus grande est en construction pour intégrer la future ligne 15 du Grand Paris Express.
Un sentiment d'insécurité omniprésent
Laurine Thaunoo, 27 ans et vendeuse dans le prêt-à-porter, partage son ressenti : "Depuis le début des travaux, les indications sont floues. On ne sait plus où se trouvent les arrêts de bus". Son histoire personnelle d'agression dans le métro à l'âge de huit ans la laisse aujourd'hui encore "perturbée" et stressée chaque fois qu'elle utilise cette gare.
Elle souligne l'urgence d'améliorer la sécurité : "Je ne demande pas une gare de luxe, mais il faut éclaircir les quais sombres et renforcer la présence d'agents de sécurité".
Lors de cette marche exploratoire, Laurine a découvert l'existence du numéro d'urgence 3117, créé en 2010 pour signaler des incidents de violence dans les transports. Valérie Pécresse a annoncé une campagne pour promouvoir ce numéro.
Xavier Piechaczyk, le nouveau PDG de la RATP, reconnaît la nécessité d'un travail acharné pour diminuer le taux d'agressions, qui reste inacceptable. "C'est un chemin long et laborieux", confie-t-il, tout en promettant de faire de la sécurité une priorité.
Enfin, Sandrine Charnoz, responsable anti-violences pour la RATP, se félicite de l'augmentation des plaintes pour agressions, passant de 2% en 2016 à 7% en 2026. Elle encourage également les témoins à connaître la méthode des "5D" pour doter chacun des outils nécessaires pour agir face à une victime sans se mettre en danger.
Le besoin d'améliorer la sécurité dans les transports en commun franciliens est criant, et les voix de ces femmes déterminées ne doivent pas être ignorées.
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