Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, a débuté une visite de deux jours en Algérie le lundi 16 février, tandis qu'à Alger, le président Abdelmadjid Tebboune accueillait le général Abdourahamane Tiani, leader de la junte nigérienne. Tiani, qui accuse la France d'agir pour déstabiliser son pays, a marqué sa présence dans un contexte diplomatique déjà chargé.
Au moment où ces deux figures politiques se retrouvaient sur le sol algérien, l’équilibre des relations entre leurs nations semblait fragile. En effet, les tensions ont atteint un point critique au cours de la dernière année, entravées par des incidents, tels que l’abattage d’un drone malien près de la frontière algérienne, qui a bien failli briser les liens entre l’Algérie et ses voisins du Sahel.
À ce propos, le chercheur spécialiste de l’Algérie, Hasni Abidi, a souligné la singularité des moments choisis pour ces visites, notant que cela pourrait indiquer le désir d'Alger de jouer un rôle de médiateur dans cette dispute croissante. "La convergence de ces événements pourrait refléter un besoin d'apaisement dans un climat diplomatique lourd," a-t-il déclaré.
La sécurité intérieure : un axe primordial pour Nunez
Laurent Nunez, quant à lui, a précédé sa visite par des discussions sur des thématiques prioritaires comme la lutte contre le narcotrafic et l'immigration clandestine, dans l'optique d’un rapprochement opéré par l'administration française. En réponse aux provocations récentes du Niger, cette visite s’inscrit dans un "processus graduel" dont le but est de retrouver une relation plus sereine entre Paris et Alger.
Le climat s’est détérioré depuis la reconnaissance par la France de la marocanité du Sahara occidental, un acte considéré comme une trahison par l’Algérie. La succession de tensions a culminé avec des expulsions réciproques de diplomates, ce qui a amené la France à changer de ministre de l’Intérieur.
Le Niger et la quête de réconciliation
Le général Tiani, qui a été reçu par Tebboune, a également proposé un rapprochement entre le Niger et l’Algérie, notamment pour le projet de gazoduc transsaharien censé diversifier les voies d’approvisionnement énergétique. Cela pourrait positionner le Niger comme un intermédiaire clé dans les relations entre Alger et Niamey. Hasni Abidi a évoqué l'importance d'une coopération renforcée en matière de sécurité, vital pour stabiliser la région.
Au terme de leur rencontre, les deux dirigeants ont convenu d'une relance de la coopération sécuritaire, une lueur d’espoir sur un chemin jalonné d’obstacles. Cependant, le climat de méfiance perdure, comme l’a souligné le général Tiani lors d’échanges avec la presse.
Alors que la diplomatie algérienne semble vouloir jouer un rôle d’intermédiation, la question de savoir si le Niger choisira de s’affirmer comme un médiateur clair entre Alger et Paris demeure incertaine. Les retombées de cette dynamique pourraient avoir des conséquences importantes non seulement pour les deux pays, mais aussi pour l’ensemble de la région du Sahel.
Évaluer la portée de ces visites, qui, bien que simultanées, pourraient être le fruit d'une coïncidence, est complexe. Les acteurs régionaux scrutent ces développements, attentifs aux dialogues qui pourraient en découler.







