Paris (France) (AFP) – Du roi Killy, icône du ski alpin à Grenoble-1968, à la tornade Alberto Tomba, superstar italienne de Calgary-88 à Lillehammer-94, retour sur les légendes des Jeux d'hiver.
Jean-Claude Killy (FRA/JO-1964 et 68, ski alpin, 3 médailles d'or): héro au sommet du ski
Les Jeux d'hiver ont connu une nouvelle ascension avec leur retour en France à Grenoble en 1968, marquant leur première édition sur le sol français depuis Chamonix en 1924. Plus d'un millier d'athlètes sont réunis, et le ski alpin règne en maître. Ce dernier a vu les premiers succès précoces de sportifs français, d'Henri Oreiller en 1928 aux sœurs Goitschel en 1964. Cependant, le plus grand moment sera celui de Jean-Claude Killy.
Revenu sans médaille d'Innsbruck, Killy, à 24 ans, arrive comme favori à Grenoble, s'imposant avec 12 victoires en 16 courses dans les deux saisons précédentes. Sur les pentes de Chamrousse, il déploie un style inégalé, remportant l'or en descente, puis en géant. Son combat acharné avec Karl Schranz en slalom, marqué par une disqualification controversée, scelle son statut, le faisant désormais égaler la légende Toni Sailer, étoile du ski alpin en 1956. Une rencontre avec la gloire qui l'a littéralement arraché à la foule ! Après un virage vers les affaires, Killy a co-présidé les JO de 1992 à Albertville et s'est associé au Comité international olympique, maintenant une influence jusqu'à récemment, bien que ses affiliations aient soulevé des controverses vis-à-vis de Vladimir Poutine, la guerre en Ukraine étant venue ternir cette image.
Ingemar Stenmark (SWE, ski alpin, JO-1976 et 80, 3 médailles dont 2 en or): la légende suédoise
Avec la domination soviétique sur les JO de Sapporo-72 et Innsbruck-76, c’est en 1980 qu’Ingemar Stenmark entre dans l’histoire, ressortant tout juste d’un palmarès impressionnant en coupes du monde. Après une médaille de bronze à Innsbruck, le Suédois est déterminé et se présente à Lake Placid. Malgré un début difficile, il reprend les rênes et réalise une performance exemplaire en géant comme en slalom. Gagner à Lake Placid est pour lui un soulagement, le propulsant dans la légende, même s’il terminera sa carrière avec des absences en 1984 et 1988 sans médaille.
Eric Heiden (USA, patinage de vitesse, JO-1980, 5 médailles d'or): un phénomène américain
À Lake Placid, Eric Heiden illumine les JO en devenant le premier quintuple champion olympique, dominant du 500 m au 10.000 m. Ce surnom de "Mister Univers" lui colle à la peau après avoir délivré une performance inoubliable dans un 500 m qui révèlent une ferveur patriotique sans pareil. Attrayant l’attention médiatique, il abandonne le patinage pour le cyclisme mais ne retrouvera jamais la même grandeur qu’à ses JO.
Katarina Witt (RDA, patinage artistique, JO-1984, 88 et 94): la reine de la glace
Débutant le patinage à cinq ans, Katarina Witt entre dans l'histoire en devenant la première patineuse artistique à remporter l'or olympique depuis Sonja Henie en 1936. Elle brille d’abord à Sarajevo en 1984 puis défend son titre à Calgary en 1988 contre l'Américaine Debi Thomas dans un duel captivant. Son passage au milieu des turbulences politiques symptomatiques de la guerre froide se clôt de manière mémorable par un retour à Lillehammer en 1994, bien qu’elle ne réitère pas ses succès passés.
Alberto Tomba (ITA, JO-1988 à 98, 4 médailles dont 3 en or): une tornade dans l’histoire du ski
Arrivant à Calgary 1988 après des performances éclatantes, Alberto Tomba fait chavirer la planète ski en remportant l’or en slalom et en géant. Son exubérance séduit autant que ses performances, envoyant une onde d’énergie inégalée. Tomba aperçu à Albertville en 1992, conserve son titre dans l’épreuve géante et répond à l’engouement des tifosi. La légende se conclut avec une ultime médaille en 1994 à Lillehammer, ce qui le place parmi les plus grands.
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