Tokyo s'est transformée en lieu de mélancolie ce dimanche, alors que de nombreux admirateurs rendent hommage aux deux pandas très prisés du zoo d'Ueno, qui s'apprêtent à rejoindre la Chine. Ces pandas, emblématiques de l'amitié entre Tokyo et Pékin depuis les années 1970, quitteront le Japon, privant le pays de sa seule présence de ces créatures fascinantes pour la première fois en cinquante ans.
Introduits dans le cadre de la "diplomatie du panda", Lei Lei et Xiao Xiao incarnent les relations diplomatiques entre les deux nations, tout en étant au cœur de l'affectation populaire au zoo. Ce départ arrive dans un climat de tensions diplomatiques croissantes, accentuées par les récentes déclarations de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, sur la possibilité d'une intervention militaire au cas où Taïwan serait attaquée.
Une déclaration qui a suscité l'indignation de Pékin, particulièrement sensible sur la question de Taïwan, territoire qu'il considère comme sien. Les réactions des visiteurs de ce dimanche étaient poignantes : beaucoup ont partagé leurs émotions en voyant les pandas déguster des pousses de bambou, consciemment des souvenirs qui s'estompent.
« Je pense que voir des pandas contribue à bâtir des ponts avec la Chine. J'espère sincèrement qu'ils reviendront un jour au Japon », confie Gen Takahashi, un habitant de Tokyo, accompagné de sa femme et de leur jeune fille.
Le gouvernement métropolitain de Tokyo avait promis que les pandas seraient visibles jusqu'à ce jour, avec un départ programmé par avion vers la Chine dans les deux jours suivants. Ils rejoindront leur sœur aînée, Xiang Xiang, dans une installation chinoise, un départ qui reste très commenté dans l'archipel.
Les 4.400 fans ayant remporté la loterie en ligne ont eu l'opportunité de voir les pandas, tandis que d'autres, venus en masse au zoo, arboraient vêtements et peluches à leur effigie. Mayuko Sumida, ayant parcouru plusieurs heures depuis Aichi, exprime sa frustration de n’avoir pas remporté la loterie, mais reste émerveillée par ces créatures. « Leur comportement est si amusant, comme s'ils imitaient des humains. C'est triste de voir le Japon sans aucun panda », déclare-t-elle, reflétant un sentiment général de perte dans tout le pays.
Les pandas, pris dans le tourbillon des relations internationales, représentent plus qu'un simple attrait : ils symbolisent des liens historiques et culturels, un rappel de la complexité des relations entre le Japon et la Chine.







