Dans une récente émission, Dominique Moïsi, géopolitologue de renom et conseiller spécial à l'Institut Montaigne, a partagé son analyse des nouvelles déclarations de Donald Trump concernant l'Iran. Ce dernier a évoqué l'envoi de forces militaires vers le golfe Persique, une manœuvre que Moïsi interprète principalement comme une tentative de "capter l'attention".
Moïsi, également auteur de Triomphe des émotions, souligne que ces menaces de Trump interviennent dans un contexte où l'action militaire semble être une diversion. "Après avoir épuisé le sujet du Groenland et de la crise vénézuélienne, Trump utilise l'Iran pour maintenir une certaine dynamique sur la scène internationale," affirme-t-il.
Ces derniers temps, des milliers d'Iraniens sont descendus dans les rues, encouragés par les promesses de soutien de l'administration américaine. Pourtant, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a rapporté une rare brutalité dans la répression des manifestations. Les chiffres varient, mais certains parlent de 20 000 décès, alors que le régime iranien ne reconnaît officiellement que 3 000 victimes, ce qui soulève des questions sur la responsabilité de Trump dans cette crise.
Myriam Encaoua, journaliste, a interrogé Moïsi sur l’impact potentiellement dévastateur des actions de Trump. "Pensez-vous qu’il ait encouragé cette violence par ses déclarations?" a-t-elle demandé. Moïsi a répondu que "son soutien verbal aux manifestants a pu inciter des jeunes à affronter le régime avec espoir, croyant en un changement imminent." Il a également mentionné les récentes déclarations d’un proche du Shah, Reza Pahlavi, appelant à la révolte.
La discussion a également porté sur l’envoi de l’armada militaire, incluant le porte-avions Abraham Lincoln. "Quel est le vrai but de cette démonstration de force? Est-ce pour inciter une rébellion interne contre les mollahs?" s'est demandé Encaoua. Moïsi a proposé une analyse intéressante en évoquant le précédent du Venezuela : "Il s’agit peut-être de remanier les figures clés sans renverser complètement le régime. Cela pourrait mener à un changement de leadership tout en préservant la structure du pouvoir en place." Cela soulève des questions sur l'indifférence apparente de l'administration Trump vis-à-vis des enjeux humanitaires, un constat partagé par de nombreux observateurs, notamment ceux de France 24.
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