« Qu'ils les libèrent ! » s'exclament des proches de détenus politiques au Venezuela alors que Delcy Rodriguez, présidente par intérim, a annoncé la libération de plus de 600 d’entre eux. Ces libérations doivent cependant être confirmées par l'ONU.
La situation devient de plus en plus tendue autour des chiffres avancés. Caracas, qui avait promis ces libérations sous la pression des États-Unis, a inclus dans son décompte des mesures effectuées dès décembre, avant l'intervention américaine. Cependant, l'ONG Foro Penal conteste ces chiffres, ne dénombre que 155 libérations depuis début janvier, alors que le pays compterait encore environ 800 prisonniers politiques.
« Ça suffit, les mensonges. On ne peut plus tromper le peuple vénézuélien, » a déclaré Rodriguez, annonçant son intention de contacter Volker Türk, le Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, pour vérifier les nombres.
Cette initiative est d'autant plus controversée que les relations entre Caracas et l'ONU ont été marquées par des accusations de violations des droits humains, largement contestées par le gouvernement.
Vendredi, une trentaine de familles ont manifesté devant l'Hélicoïde, un centre de détention connu pour ses abus allégués. Parmi elles, Adriana Abreu, 30 ans, a raconté son épuisement : « C'est un épuisement physique et mental. Ça ne sont pas que des chiffres, ce sont des vies. »
Diego Casanova, membre de l'ONG Comité pour la libération des prisonniers politiques, a qualifié le processus de libération d'« extrêmement lent et opaque » et a demandé la fin de cette violence d'État.
La tristesse a également été palpable après l’annonce du décès de Yarelis Salas, la mère du prisonnier politique Kevin Orozco, qui attendait en vain une libération. Parmi les détenus libérés récemment figure Rafael Tudares Bracho, gendre d'un candidat présumé, mais d'autres figures de l'opposition, comme Juan Pablo Guanipa, demeurent en prison.
Pour contrer ces tensions, des partisans de Nicolas Maduro ont également manifesté, réclamant la libération de l’ancien président. Marlene Blanco, 65 ans, a affirmé que la capture de Maduro était « illégale ».
Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, a promis de ramener Maduro, tout en affichant son soutien à Rodriguez. Ce contexte turbulent et plein de promesses non tenues soulève d'importantes questions sur la gouvernance actuelle au Venezuela.







