Lors des élections législatives du 11 janvier, le bloc du président Patrice Talon a connu une victoire éclatante, s'emparant de l'intégralité des 109 sièges de l'Assemblée nationale, alors même que l'opposition n'a pas réussi à franchir le seuil légal pour entrer au Parlement.
Avec un taux de participation de 36,73 %, légèrement en baisse par rapport à 2023, la situation politique au Bénin apparaît de plus en plus polarisée. Les résultats ont été annoncés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) le 17 janvier, révélant que le principal parti d'opposition, les Démocrates, a perdu tous ses sièges, malgré un pourcentage de 16,16 % des voix.
Ce résultat surprenant s'explique par la règle des 20 % de voix requises dans chaque circonscription électorale, condition que l'opposition n'a pas pu remplir dans les 24 circonscriptions. Comme l'indique un analyste politique de Le Monde, cette situation fragilise le paysage démocratique en empêchant des forces d'opposition de se faire entendre.
Une présidence en transition
Les élections récentes sont d'autant plus significatives qu'elles se déroulent dans un contexte où le président Talon s'apprête à céder son poste en avril, après deux mandats. Son ministre des Finances, Romuald Wadagni, est actuellement perçu comme le grand favori pour lui succéder, face à un unique adversaire, Paul Hounkpè des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).
La situation soulève des questions quant à la diversité politique et l'opportunité d'une transition fluide vers le nouveau système de gouvernance. Les experts interrogés s'inquiètent du fait que l'espace démocratique s'érode, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la stabilité du pays.
Ce scrutin était l'un des rares auxquels le principal parti d'opposition a été autorisé à participer, n'ayant pas été en mesure de présenter des candidats lors des élections communales qui ont eu lieu simultanément. Avec le rejet de sa candidature à la présidentielle d'avril, l'avenir politique des Démocrates semble sombre.
Comme le souligne un rapport de l'RFI, le climat électoral au Bénin reste tendu, avec des voix qui s'élèvent depuis la société civile contraignant à une réflexion sur l'avenir de la démocratie dans le pays.







