Avec la récente signature de l'accord Mercosur, des inquiétudes émergent concernant la possibilité que des pesticides interdits en Europe soient utilisés au Brésil et aboutissent dans notre assiette. Manon Aubry, eurodéputée, alerte sur la présence de 30 % de substances actives autorisées au Brésil qui ne le sont pas dans l'Union européenne, qualifiant la situation de "catastrophe écologique".
Les experts s'accordent à dire que cette situation est alarmante. Dans un rapport de 2020, le rapporteur spécial des Nations Unies soulignait déjà que cette divergence réglementaire pourrait avoir des conséquences graves sur l'écologie. Pour des cultures comme le maïs et le soja, le glufosinate, un herbicide interdit en Europe depuis 2018, est massivement utilisé au Brésil. Ainsi, des produits issus de ces cultures peuvent potentiellement être importés en Europe, à condition que les résidus de pesticides respectent des seuils spécifiques, établis par la réglementation européenne.
Mathieu Parenti, professeur à la Paris School of Economics, explique que "généralement, seule une infime partie des pesticides reste sur les produits agricoles; la majorité se retrouve dans l'air, l'eau et le sol". Cela signifie que même si les produits brésiliens contiennent des résidus, ils peuvent passer les contrôles de sécurité, ce qui laisse planer un doute sur leur impact sur la santé publique, surtout pour les consommateurs européens.
Des ONG comme Générations Futures et que Agir pour l'Environnement pointent du doigt les effets néfastes de tels pesticides, notamment sur la biodiversité et la santé des agriculteurs au Brésil. Éric Cellard, porte-parole de Générations Futures, met en garde : "L'Europe doit être vigilante et s'assurer que ses normes sanitaires ne sont pas compromises par des intérêts commerciaux." La situation actuelle pousse à la réflexion sur l'à-propos de cet accord commercial et sur la nécessité d'une réglementation uniforme qui protège à la fois les consommateurs et l'environnement.
En somme, alors que l'Europe s'engage dans des accords commerciaux, les questions de santé publique et d'environnement doivent rester au cœur des discussions. L'issue de ce débat influencera non seulement les pratiques agricoles au Brésil, mais aussi la qualité alimentaire que nous retrouverons dans nos supermarchés.







