Dans la nuit du 15 au 16 janvier, El Hacen Diarra, 35 ans, est décédé dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris. Deux jours plus tard, sa famille a décidé de rompre le silence, annonçant par l'intermédiaire de leur avocat, Me Yassine Bouzrou, avoir déposé une plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Cette démarche survient en réaction à l'absence d'une enquête formelle malgré des éléments troublants qui remettent en question la version des événements fournie par les autorités.
Me Bouzrou soutient qu'il existe des « preuves accablantes », notamment des témoignages mentionnant une « mare de sang » sur le site de l'interpellation. En outre, Assa Traoré, une voix éminente contre les violences policières, a relayé une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, illustrant la scène de l’interpellation, et mettant en lumière des abus potentiels. Ces images ont suscité une vaste indignation, partagée notamment par le député LFI Thomas Portes.
Les policiers, en arrivant au commissariat, auraient demandé une hospitalisation immédiate pour Diarra, selon les dires de l’avocat. De nombreux éléments convergent vers l’idée qu’El Hacen Diarra aurait été victime de violences graves, non seulement lors de son interpellation, mais peut-être aussi au sein même du commissariat. Ce point de vue est appuyé par des experts qui appellent à une transparence totale sur les événements.
Me Bouzrou dénonce également la gestion de l'affaire par le parquet de Paris, qu'il accuse de partialité en favorisant la version des policiers et en négligeant les témoignages des civils. Le parquet a choisi de ne pas commenter plus avant et renvoie aux déclarations précédentes. La famille de Diarra fulmine contre ce qu'elle considère comme un manque d'intégrité dans la conduite de l'enquête, craignant une exonération des policiers impliqués.
« La famille exige justice et transparence », a insisté Me Bouzrou, appelant également à une enquête indépendante concernant les circonstances de l’interpellation et des soins reçus par El Hacen Diarra. En parallèle, un hommage à la mémoire de Diarra est prévu ce dimanche à 14 heures au foyer des Mûriers, près du lieu de l’interpellation.
Selon les informations fournies par le parquet, El Hacen Diarra a été arrêté alors qu'il fumait un joint à l'angle de la rue des Pruniers et de la rue Fernand-Léger. Il aurait résisté lors de sa palpation, ce qui a entraîné sa chute avec deux policiers. D’après la version officielle, pour le maîtriser, les agents auraient eu recours à un pistolet à impulsion électrique sur sa cheville. Il a ensuite été transporté à l'hôpital mais, selon les rapports, il a commencé à avoir des convulsions au commissariat, souffrant finalement d'un arrêt cardiaque malgré des tentatives de réanimation.
Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est en cours pour déterminer les causes exactes de son décès, avec des résultats d'autopsie à venir. De nombreux citoyens, à l’échelle nationale, se mobilisent pour demander des comptes sur cette affaire qui remet en question la légitimité des pratiques policières.







