L'Allemagne, confrontée à des défis de recrutement dans ses forces armées, devra se prononcer sur le retour à la conscription d'ici juillet 2027, a déclaré Thomas Röwekamp, un haut responsable parlementaire, à l'AFP.
Avec les tensions croissantes dues à la menace russe et l'imprévisibilité des États-Unis sous l'administration actuelle, le chancelier Friedrich Merz ambitionne de transformer l'armée allemande en la plus grande d'Europe, augmentant les effectifs militaires de carrière de 185.000 à 260.000 soldats d'ici 2035.
Pour ce faire, un service militaire volontaire a été instauré, accompagné d'un recensement obligatoire pour tous les jeunes de 18 ans. Cependant, les résultats initiaux sont préoccupants : entre janvier et mai, seulement 530 jeunes se sont engagés, alors que près de 300.000 ont été sollicités.
« Si nous ne réussissons pas à atteindre nos objectifs par le biais du volontariat, le retour à la conscription obligatoire devra être envisagé. La décision doit être prise d'ici le 31 juillet de l'année prochaine », a précisé M. Röwekamp, président de la commission défense du Bundestag.
- Sérieux doutes -
Il a exprimé de vives inquiétudes quant à la capacité de l'Allemagne à atteindre ses objectifs de recrutement : « J'ai de sérieux doutes sur notre aptitude à parvenir à ces ambitions uniquement par le système de volontariat. »
La conscription, si elle était mise en place, ne s'appliquerait pas à l'ensemble d'une classe d'âge, mais plutôt à un nombre limité chaque année pour répondre aux besoins de la Bundeswehr. M. Röwekamp a souligné l'importance d'augmenter le nombre de militaires professionnels, essentiels à la conduite des opérations militaires complexes.
Concernant le mouvement anti-conscription, il comprend les préoccupations des jeunes, notant qu'avec la fin de la conscription en 2011, les questions de sécurité sont devenues moins prioritaires dans l'esprit des nouvelles générations.
« Nous n'avons plus engagé le dialogue sur des sujets cruciaux tels que la guerre, la paix ou la défense », a-t-il commenté, insistant sur la nécessité d'interagir avec les jeunes sur ces enjeux.
- Accélérer le réarmement -
M. Röwekamp a également déclaré que l'Europe doit intensifier son réarmement, indépendamment des États-Unis, en raison de la volonté de Washington de diminuer sa présence en Europe et des difficultés du complexe militaro-industriel américain à répondre aux besoins européens face à de multiples crises.
Il a encouragé les nations européennes à développer leurs propres capacités militaires, basées sur leurs besoins, plutôt que sur les intérêts d'industries spécifiques, en référence aux tensions passées concernant des projets tels que le SCAF franco-allemand.
Malgré ces défis, la coopération entre la France et l'Allemagne sur certains projets, comme la fabrication de chars, continue de prospérer. Cette question sera abordée lors du prochain sommet de l'OTAN à Ankara, début juillet.
M. Röwekamp espère qu'après le soutien exprimé récemment par le président américain envers l'Ukraine, ce sommet renforcera le message d'unité face à Vladimir Poutine.
« La cohésion de notre alliance est primordiale dans cette période tendue », conclut-il.







