Ces derniers jours, le climat politique en Bolivie s'est intensifié. Avec une majorité de plus de deux tiers, la Chambre des députés a voté pour abroger une loi qui encadrait strictement l'usage de l'état d'urgence, donnant ainsi au président Rodrigo Paz la latitude nécessaire pour mobiliser les forces armées, ce qui pourrait restreindre certaines libertés publiques face aux manifestations demandant sa démission.
Lors d'une séance virtuelle, le président de la Chambre, Roberto Castro, a annoncé que la loi abrogeant cette disposition était désormais adoptée. Ce texte, qui a déjà reçu l'aval du Sénat, laisse une plus grande marge de manœuvre au gouvernement dans un contexte de tensions sociales croissantes.
Les manifestations, qui ont gagné en ampleur depuis quelques jours, sont en grande partie alimentées par le mécontentement des citoyens face à la politique économique jugée insatisfaisante. Les travailleurs revendiquent non seulement des augmentations de salaires, mais aussi dénoncent une qualité de carburant médiocre, accusant le gouvernement d'avoir endommagé de nombreux véhicules.
Le gouvernement, pour sa part, a critiqué ces mobilisations qu'il juge visant à « altérer l'État de droit », et a pointé du doigt l'ancien président socialiste Evo Morales, actuellement en fuite, qu'il accable d'être le principal instigateur de ces troubles. Morales a, de son côté, réclamé des élections anticipées dans un délai de 90 jours.
Sur le plan international, les États-Unis et d'autres acteurs mondiaux ont exprimé leur soutien envers la démocratie en Bolivie. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a récemment affirmé que les États-Unis ne laisseraient pas des groupes criminels déstabiliser un gouvernement élu. En effet, le président Paz, qui cherche à rompre avec des politiques de gauche adoptées par ses prédécesseurs, a renforcé ses liens avec les États-Unis et des institutions financières internationales tout en prenant ses distances avec les syndicats.







