Dans une missive adressée au Parlement néerlandais ce samedi, le gouvernement de Rob Jetten a exprimé son soutien à un projet européen visant à établir des centres de rétention pour les migrants dont les demandes d'asile ont été refusées, hors des frontières de l'UE.
Ce mouvement intervient dans le contexte d'un renforcé durcissement de la politique migratoire néerlandaise. D'après une lettre consultée par Politico, le gouvernement a clairement indiqué qu'il ne voyait pas d'obstacle à l'établissement de « hubs de retour » situés à l'extérieur des Pays-Bas, pour gérer les migrants en situation irrégulière.
« À travers l’Europe, des solutions concrètes et réalisables sont demandées pour rétablir le contrôle sur la migration », témoignait Bart van den Brink, vice-Premier ministre et ministre de l'asile et de la migration des Pays-Bas. « Ces propositions prennent forme et se révèlent juridiquement faisables. »
Un durcissement à l’échelle européenne ?
« L’intention n’est pas d’en faire un spectacle politique, mais de réaliser le travail juridique nécessaire pour assurer la viabilité du projet », a renchéri le ministre. Cette initiative de Rob Jetten survient alors que son parti, récemment en minorité au Parlement, détient seulement 26 sièges sur 150, un chiffre équivalent à celui du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, dont les programmes s’articulent autour de la lutte contre l’immigration illégale.
Cette volonté de La Haye s'inscrit dans un projet de loi européen ayant pour but de restreindre l'accès aux pays de l'UE. Présenté à Bruxelles l'an dernier, ce projet prévoit notamment la création de « hubs » dans des nations extérieures pour y envoyer des migrants forcés de quitter l'UE, en attendant leur réinsertion dans leur pays d'origine. Ce nouveau règlement vise à remplacer la directive de 2008, largement contestée, qui accordait un délai aux clandestins en situation irrégulière.
Le règlement proposé éliminerait cette clause et prolongerait le délai de rétention à 24 mois maximum, comparé aux 90 jours actuellement en vigueur en France. Bruxelles a cité plusieurs pays tiers au projet, tels que l’Ouganda, l’Ouzbékistan et le Rwanda. Favorisé par des pays, dont la France, ce texte devait initialement être voté le 20 mai dernier au Parlement européen, mais la date a été reportée au 1er juin en raison de désaccords sur la mise en œuvre. En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a déjà ouvert un premier centre de rétention en Albanie en 2023, bien que ce dernier n'ait accueilli que 90 personnes en février, en raison de nombreux recours judiciaires de la part d'ONG.







