Dix ans après la tragédie du vol MS804, qui a tragiquement coûté la vie à 66 passagers, dont 15 Français, le parquet de Paris a récemment demandé la clôture du dossier sans poursuites.
Le vol, reliant Paris au Caire, s’est abîmé en mer Méditerranée entre la Crète et la côte nord de l’Égypte le 19 mai 2016. Les enquêtes menées par les autorités françaises ont révélé que l'accident était lié à un incendie provoqué par une fuite d'oxygène dans le cockpit. Cependant, selon des sources proches de l'affaire, le parquet estime que l’enquête n’a pas permis de déterminer d’autres fautes que celles attribuées aux membres de l’équipage, tous décédés.
Les expertises indiquent que l’incendie aurait pu être déclenché par une combinaison malheureuse d'une fuite d'oxygène et d'une source de chaleur inconnue, créant un environnement tragique à bord de l'avion. Le parquet a précisé qu'un bouton d'urgence aurait été engagé de manière intempestive par le copilote, ajoutant que l'attitude de l'équipage, jugée trop décontractée, a contribué à la catastrophe.
Une demande de non-lieu qui indigne les proches des victimes
Les familles des victimes, réunies en association, expriment leur colère face à cette demande de non-lieu, qu'elles perçoivent comme une forme de justice bâclée. Elles dénoncent des conclusions perçues comme « tronquées » et en contradiction avec les données factuelles issues des enregistreurs de vol, soulignant que le Bureau d’enquêtes et d'analyses (BEA) a fourni des éléments qui contredisent les affirmations du parquet.
Geneviève Blanc, porte-parole des familles, a déclaré : « La justice française n’est pas crédible dans ce dossier, semblant faire obstacle à la vérité. Nous exigeons des investigations plus approfondies et demandons la mise en examen de la compagnie EgyptAir pour négligence en matière de maintenance. »
Après des années d’instruction, les juges parisiens doivent maintenant décider de donner suite à cette requête ou d’accepter les demandes des parties civiles, qui réclament des enquêtes complémentaires. De nombreux experts estiment que ce non-lieu serait inacceptable tant que toutes les pistes n’ont pas été explorées.
Alors que dans d'autres affaires similaires, comme l'accident d'Air France en 2009, des mesures plus fermes ont été prises, la réponse des autorités françaises face au crash d'EgyptAir est jugée insuffisante. Les familles, d'ailleurs, au-delà de la quête de justice, souhaitent avant tout que de telles tragédies ne se reproduisent plus.







