Aux États-Unis, la séparation entre l'Église et l'État semble être remise en question par une commission récemment établie, à la demande de Donald Trump. En mai, cette commission, qui se concentre sur divers sujets dont le rapport entre la religion et le pouvoir, est attendue pour présenter ses recommandations.
En avril dernier, lors d'une réunion portant sur cette initiative, Dan Patrick, gouverneur-adjoint du Texas et président de la commission, a affirmé que la phrase « séparation de l'Église et de l'État » n'était pas inscrite dans la Constitution. Cette déclaration a été qualifiée de "mensonge" par le républicain, qui a même proposé de distribuer un million d'autocollants portant l’inscription "la séparation de l'Église et de l'État n'existe pas".
Une commission qui s'attaque au premier amendement ?
Il est vrai que le terme « séparation » ne figure pas explicitement dans le texte constitutionnel américain. La situation est d'ailleurs plus floue qu'en France. Le mot « Dieu » apparaît sur les billets de banque, et de nombreux discours présidentiels se concluent par "que Dieu bénisse l'Amérique".
Toutefois, le premier amendement indique clairement que le Congrès ne doit pas adopter de lois établissant une religion particulière ni interdisant son libre exercice. Thomas Jefferson, l'un des pères fondateurs, évoquait cet amendement comme un "mur entre l'Église et l'État". Cette interprétation a été confirmée par la Cour suprême, mais la position de la commission de Trump semble diverger de cette vision.
Des experts soulignent que cette initiative pourrait bouleverser l'équilibre entre religion et politique aux États-Unis. Selon un article de Franceinfo, Donald Trump serait influencé par des chrétiens nationalistes, ce qui pourrait expliquer ces mouvements vers une coopération plus étroite entre les institutions religieuses et gouvernementales.
La question qui se pose est : jusqu'où cette commission ira-t-elle dans sa quête pour réaffirmer un rôle central du christianisme au sein du gouvernement ? Avec les États-Unis à un tournant critique, où les questions religieuses et politiques se chevauchent de manière alarmante, le regard du pays est tourné vers les résultats attendus de cette commission.







