Gilles G., 35 ans, est actuellement jugé à Versailles pour l'homicide d'Olivio Gomes, âgé de 28 ans, survenu dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020. Le parquet a requis, ce jeudi, dix ans de prison à l'encontre de l'accusé, écartant l'argument de légitime défense.
La requête du procureur David Sénat souligne le caractère tragique de cette affaire : "La société est victime dans ce dossier... Elle demande justice pour la perte de l'un des siens, dans un contexte violent, causé par l'abus de ses prérogatives par l'un de ses garants", a-t-il déclaré devant une salle comble.
Le parquet a également demandé l'interdiction d'exercer toute fonction de sécurité, la confiscation des armes de Gilles G., ainsi qu'une exécution provisoire. Cette nuit-là, avec deux collègues de la brigade anticriminalité de nuit, Gilles G. a pris en filature le véhicule d'Olivio Gomes, une Clio, sur le périphérique et l'A13 sans activer les sirènes et gyrophares.
Les policiers affirment avoir été contraints de suivre la Clio sur une vingtaine de kilomètres, mais la version officielle est contestée par les preuves vidéo. L'accusé allègue qu'Olivio Gomes conduisait de manière chaotique, mais cela a été réfuté par les enregistrements de la vidéosurveillance.
L'accusé encourt jusqu'à trente ans de réclusion criminelle
Les représentants des forces de l'ordre affirment qu'après plusieurs tentatives de faire signe à Olivio Gomes de quitter l'autoroute, ce dernier s'est dirigé vers son domicile. À l'arrêt, Gilles G. a sorti son arme, et après un échange de coups de feu, Olivio Gomes a succombé à une blessure mortelle.
Gilles G. prétend avoir agi en état de légitime défense, affirmant que l'automobiliste tentait de l'écraser. Cependant, l'avocat général a souligné que "Il s'est servi de son véhicule non pas pour tuer mais pour partir, il voulait échapper à la police". De plus, il a exprimé des doutes sur la crédibilité des policiers : "Je n'ai aucune raison de croire (la version) des policiers, car ils ont tellement menti au cours de la procédure pour fabriquer des preuves".
Gilles G. risque une peine de jusqu'à trente ans de réclusion criminelle. La cour doit rendre sa décision dans les heures qui suivent.







