Le prédicateur a tenté de retarder son procès pour viols, invoquant diverses raisons, de la période du ramadan à des problèmes de santé, notamment des complications dues à sa sclérose en plaques. Cependant, ces arguments n'ont pas convaincu les juges de la cour criminelle de Paris, qui l'ont jugé par défaut et à huis clos, le condamnant à 18 ans de prison, conforme aux réquisitions du procureur général.
Depuis le dépôt des premières plaintes en 2017, Tariq Ramadan a multiplié les recours et procédures légales, allant jusqu'à des demandes de "démise en examen" et des expertises stylistiques contestées. Avant le procès, il avait aussi tenté de récuser la présidente du tribunal, prétendant qu'elle ne garantissait pas l'impartialité requise.
Il a choisi de se réfugier en Suisse, bien conscient que ce pays ne procéderait pas à son extradition. En outre, le petit-fils d'Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, a déjà été condamné en Suisse à trois ans de prison pour des infractions similaires, mais sa peine reste à purger.
Un soutien fort existe pour lui, notamment du sociologue Jean Ziegler, qui plaide en faveur d'une seconde chance pour le prédicateur. À Genève, des appréhensions ont été soulevées quant à la réaction des autorités face à son éventuel châtiment, craignant de froisser les puissants financements du Golfe qui affluent dans la région.
Les soutiens controversés de Tariq Ramadan
En France, Ramadan bénéficie d'un large éventail de soutiens, allant de personnalités historiques comme l'abbé Pierre à des figures contemporaines. Dans un contexte post-attentat Charlie Hebdo en 2015, il a été défendu par des intellectuels tels qu'Edgar Morin, qui a co-écrit plusieurs ouvrages avec lui, malgré les accusations pesant sur le prédicateur.
La situation de Ramadan ne cesse d'interroger, comme en témoignent les déclarations de la psychanalyste Fanny Bauer-Motti, qui a été très critique à l'égard du système judiciaire lors du procès. Elle a déclaré que la réprobation vis-à-vis de Ramadan dépassait de loin l'individu pour toucher à ce qu'il représente dans l'espace médiatique.
Tant la justice que les médias ne cessent de commenter cette saga judiciaire complexe, entre soutien et accusations. Alors que l'histoire de Tariq Ramadan continue d'évoluer, les ramifications de son procès soulèvent des questions plus larges sur l'identité et le débat public en France.







