À 65 ans, Pierre-Jean Pagès s'accroche à son combat pour la justice. Il accuse l'ex-évêque Jean-Michel di Falco de viols et d'agressions sexuelles survenus dans les années 1970. Une cour d'appel a récemment tranché, ordonnant à l'ancien évêque de verser près de 200 000 euros à la victime en réparation du préjudice.
Dans son arrêt, la cour a conclu que le comportement fautif de di Falco a causé un dommage corporel à Pierre-Jean Pagès, justifiant cette réparation. Après un long parcours judiciaire marqué par des rejets antérieurs, ce jugement constitue une avancée significative pour la reconnaissance des victimes d'abus sexuels.
Des faits prescrits au pénal, pas au civil
À la différence des décisions antérieures, la cour d'appel a estimé que l'action civile de Pierre-Jean Pagès était toujours valable. Les faits, bien que prescrits sur le plan pénal, n'ont pas empêché la demande de réparation, qui demeure couvert par la législation applicable pendant vingt ans à compter de la consolidation du dommage.
La juridiction a retenu l'année 2009, lorsque Pagès a intégré une troupe de théâtre après vingt ans de thérapie, comme point de départ pour cette consolidation. L'ex-évêque, âgé à présent de 84 ans et à la retraite, doit verser 10 000 euros pour le préjudice sexuel, 70 000 euros pour l'incidence professionnelle, et 81 392 euros pour un déficit fonctionnel temporaire, souligne Le Monde.
Ce cas illustre une injustice persistante à l'égard des victimes d'abus au sein de l'Église catholique. Des experts, tels que le juriste Philippe Petit, soulignent l'importance de telles décisions dans la lutte contre l'impunité qui entoure les abus sexuels dans des institutions historiques. « Chaque condamnation est une victoire pour toutes les victimes », déclare-t-il.







