Ce vendredi 27 mars, le tribunal judiciaire de Paris se penchera sur la situation d'Asalée, dont les 2.000 infirmières n'ont pas reçu leur salaire depuis deux mois. Magali Courbes, infirmière engagée, souligne que ce retard de paiement est symptomatique d'une volonté des pouvoirs publics de reprendre le contrôle sur un réseau qui, selon elle, fonctionne très bien. « Il s’agit pour les pouvoirs publics d’opérer une mainmise sur ce réseau qui fonctionne si bien », déclare-t-elle, insistant sur l'importance des protocoles adaptés au terrain plutôt qu'imposés depuis Paris.
Les difficultés financières d'Asalée résultent du refus de l'Assurance maladie de continuer son soutien financier de 100 millions d'euros annuels, tant que l'association n'implement pas les réformes de gestion recommandées par un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales, publié en juillet dernier. Cela pourrait compromettre l'autonomie d'Asalée, fondée en 2004, et sa mission d'accompagnement des patients atteints de maladies chroniques.
Un réseau attaché à son indépendance
Ce modèle de soins est basé sur la coopération entre médecins généralistes et infirmières. Selon Courbes, ces infirmières n'effectuent pas d'actes techniques, mais se consacrent à l'éducation thérapeutique des patients. « C'est essentiel pour améliorer l'adhésion au traitement », explique-t-elle. « Nos approches permettent de réduire la consommation de médicaments et d'économiser des coûts pour le système de santé. »
Toutefois, la situation reste tendue. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé sa confiance en une régularisation rapide, mais les infirmières sont en attente de l'issue de l'audience. Courbes déclare : « Nous espérons prouver notre intégrité et envisager la transformation de l’association en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), pour assurer notre modèle de soins. »
Malgré les obstacles, Asalée attire de nombreux candidats, enregistrant entre 3.000 et 4.000 candidatures par an pour rejoindre ses rangs. La structure revendique aujourd'hui 2.963 implantations à travers la France, métropolitaine et Outre-mer, témoignant d'une réelle nécessité de ce type de réseau dans le paysage médical français.







