Une fonctionnaire âgée d'une vingtaine d'années a été suspendue après sa mise en examen pour corruption, comme l'indique franceinfo. Elle est suspectée d'avoir fourni au grand banditisme des renseignements confidentiels provenant des fichiers policiers.
Selon les informations révélées par le parquet de Paris, cette jeune policière, affectée à l'accueil public d'un commissariat marseillais, est accusée d'avoir consulté et vendu plus de 5 000 fiches confidentielles concernant des personnes recherchées, leurs antécédents judiciaires et des véhicules volés.
15 euros la fiche de renseignement
La fonctionnaire aurait proposé ses fiches à 15 euros chacune, alors que le prix habituel oscille entre 50 et 100 euros. En à peine quatre mois, entre mai et septembre 2025, elle aurait ainsi cumulé plus de 10 000 euros sur un compte Paypal. Les informations étaient transmises via l'application Telegram à un intermédiaire.
Ce dernier, qui revendait ces renseignements à des criminels à travers la France, a été arrêté le 11 mars dernier, avant d'être mis en examen et placé sous détention.
Au moins une dizaine d'opérations de police impactées
D'après le parquet de Paris, ce scandale a des répercussions sur au moins une dizaine d'opérations criminelles. En effet, le trafic international de stupéfiants, des tentatives de meurtre, ainsi que la détention d'armes ont été affectés. Selon franceinfo, un trafiquant de drogue aurait ainsi identifié la patrouille de police qui le surveillait, et des suspects auraient échappé à une interpellation dans une affaire d'enlèvement.
Les investigations sont toujours en cours, dirigées par l'IGPN et l'Ofac, l'Office anti-cybercriminalité.
Les faits de corruption ont doublé entre 2007 et 2024, selon Anticor
Inès Bernard, déléguée générale de l'association Anticor, appelle le gouvernement à agir. Elle souligne la nécessité de fixer un cap et d'accroître les moyens de lutte contre la corruption au sein de la fonction publique. Selon elle, "les infractions à la probité ont connu une progression de 51% entre 2016 et 2024". Les cas de corruption ont "même doublé entre 2007 et 2024".
Bernard tire la sonnette d'alarme sur l'enjeu financier : "Les narcotrafiquants ont la capacité de débourser de grosses sommes. Il est crucial de rémunérer correctement les fonctionnaires et de les former pour les rendre moins vulnérables à la corruption."







