Pour la première fois en France, un tribunal administratif a statué en faveur d'une infirmière du centre hospitalier de Martigues en reconnaissant que son cancer du sein était directement lié à ses conditions de travail nocturne. Ce jugement, rendu le 3 février 2026 par le tribunal de Marseille, pourrait entraîner des répercussions majeures sur la reconnaissance des risques sanitaires liés aux horaires décalés.
Le tribunal a annulé une décision de 2021 de la direction de l'hôpital qui avait refusé d'établir un lien entre le cancer et son travail. L'infirmière, Sylvie Pioli, a exercé pendant près de 25 ans au sein de l'établissement, principalement de nuit, avec des horaires déstabilisants, tels que des prises de service à 20h30 et des fins à 6h30, totalisant environ 140 nuits par an. Son diagnostic de cancer du sein a été posé en janvier 2014, à l'âge de 55 ans.
Malgré ses efforts pour obtenir une reconnaissance de l'hôpital, qui avait opposé un refus, elle a décidé de saisir la justice. À cette occasion, des experts de la santé au travail soulignent l'importance de cette décision, qui pourrait encourager d'autres soignants à revendiquer leurs droits. En effet, selon des études récentes, le travail de nuit est associé à divers problèmes de santé, notamment des risques accrus de cancers.
Le cas de Sylvie Pioli, relayé par la Provence, marque une avancée pour tous les professionnels de santé concernés par des emplois nocturnes. Cette décision judiciaire pourrait donc inciter d'autres établissements à reconsidérer leurs politiques en matière de santé et de sécurité au travail.







