La guerre au Moyen-Orient entre dans son sixième jour et les marchés financiers affichent une nervosité palpable, avec les Bourses européennes en baisse alors que l'Asie connaît un rebond palpable.
"Les marchés sont en émoi" et l'absence d'une solution rapide au conflit est préoccupante, indique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le conflit a pris une tournure alarmante avec des frappes israéliennes sur Beyrouth, tandis que les États-Unis et Israël affirment que l'Iran est affaibli. Hier, un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien, marquant un net tournant après la Seconde Guerre mondiale.
L'Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé l'action américaine comme une "atrocité" et a averti que cette escalade aurait des conséquences.
"Les prix du pétrole continuent leur montée", souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. En date de ce matin, le Brent a progressé de 2,76% à 83,65 dollars le baril, tandis que le WTI a augmenté de 3,15%, atteignant 77,01 dollars.
Cette chute a été précédée d'une légère baisse causée par un article du New York Times qui évoquait des contacts entre des émissaires iraniens et la CIA pour engager des discussions de paix, information qui a été démentie par Téhéran.
Sur le marché du gaz naturel, le contrat à terme TTF néerlandais a bondi de 8,41% à 52,87 euros par mégawattheure après une flambée de 65% depuis le début de semaine.
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié, demeure un point névralgique dans cette conjoncture, selon Andreas Lipkow de CMC Markets.
Des affirmations des Gardiens de la Révolution selon lesquels un missile iranien aurait touché un pétrolier américain dans le Golfe ajoutent à l'incertitude, bien qu'aucune confirmation indépendante ne soit encore apparue.
"L'incertitude actuelle devrait freiner la reprise des marchés mondiaux", conclut Ozkardeskaya.
En Europe, les premières cotations montrent une Bourse de Paris en recul de 0,57%, tandis que Francfort et Milan cèdent respectivement 0,56% et 0,81% après une légère reprise technique la veille.
- Rebond technique en Asie -
Le léger rebond observé sur les marchés européens et américains s'est répercuté sur les Bourses asiatiques, comme le note Patrick Munnelly de Tickmill Group.
L'indice Nikkei à Tokyo a affiché une hausse de 1,90%, tandis que les Bourses de Shenzhen et Shanghai ont respectivement gagné 1,23% et 0,64%. L'indice Hang Seng de Hong Kong a également augmenté de 0,38% en fin de séance.
À Séoul, l'indice Kospi a connu un rebond fulgurant de 9,63% après un plongeon historique de 12%, causé par l'inquiétude face à la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix énergétiques.
"La montée des prix du pétrole est préoccupante pour la Corée du Sud, qui dépend à 97% de l'importation de son énergie, beaucoup provenant du détroit d'Ormuz, dont le trafic est menacé", selon Ozkardeskaya.
"Les mouvements observés sur le marché coréen témoignent de la gravité de la situation", affirme-t-elle.
- La dette souveraine sous pression -
Sur le plan mondial, la flambée des prix du pétrole suscite des inquiétudes supplémentaires. Ozkardeskaya ajoute qu'une hausse des prix pourrait influencer les prévisions des banques centrales et entraîner une augmentation des rendements obligataires.
Les taux d'emprunt des États augmentent avec le risque inflationniste : le rendement des obligations allemandes à 10 ans a atteint 2,80%, contre 2,75% mercredi, tandis que l'équivalent français se situé à 3,41% contre 3,35% plus tôt.
Les rendements italiens et britanniques à 10 ans s'établissent respectivement à 3,49% et 4,50%, en hausse par rapport à la veille.







