Trois mois après le début des discussions entre Daniel Kretinsky, actionnaire majoritaire de Casino, et ses créanciers, le groupe doit partager aujourd'hui de nouvelles propositions pour réduire sa dette, estimée à 1,4 milliard d'euros. La résolution de ce dossier semble encore lointaine, laissant planer des incertitudes sur l'avenir du distributeur.
Selon des sources proches des négociations, Kretinsky envisage de réinjecter 400 millions d'euros dans le groupe, une offre qui représente une augmentation de 100 millions d'euros par rapport à sa précédente proposition. En contrepartie, il demande la conversion de 500 millions d'euros de dette en capital. Cependant, un proche du dossier a qualifié cette démarche de "concession indécente", soutenant qu'il manque des données essentielles et que l'offre actuelle est moins favorable que l'ancienne.
Kretinsky maintient le soutien des banques
Le principal obstacle dans les négociations réside dans l'équilibre au capital de Casino. Un expert a souligné que "l'enjeu est de savoir combien Kretinsky est prêt à investir, quelle part cela lui accorde, et combien il reste pour les créanciers".
Un autre expert a ajouté : "Bien que les créanciers ne contestent pas la position majoritaire de Kretinsky, il existe une différence significative entre détenir 68 % et 50 % des parts".
La position de Kretinsky est critiquée; certains affirment qu'il ne peut pas prétendre que son argent vaut plus que celui des créanciers tout en en tirant profit. Une source proche de la négociation a indiqué que les créanciers pourraient "prendre les clés de l'entreprise" si la situation perdure, mais a rassuré en affirmant que le point de non-retour n'a pas encore été atteint. Avantage pour Kretinsky : il bénéficie du soutien des banques, notamment de BNP Paribas, et semble bien positionné auprès de Bercy, selon un acteur du dossier.
Pour parvenir à un accord financier crucial pour son redressement, la direction de Casino espère finaliser les discussions d'ici fin juin, permettant ensuite une validation par le Tribunal de commerce de Paris.







