À Angers, le pont de Verdun, récemment malmené par les inondations de la Maine, se prépare pour une réouverture éventuelle à la circulation. Des experts effectuent une inspection minutieuse pour déceler d’éventuelles fragilités à la suite de la crue record survenue en février 2026. Les travaux de contrôle, qui s'étalent sur deux jours, visent à garantir la sécurité des usagers.
Ce mercredi 4 mars 2026, sur le pont de Verdun, une nacelle jaune vif s'élévait au-dessus des vieilles pierres, tandis que deux hommes, dont Nicolas Le Bas, responsable de l'unité ouvrage d'art d'Angers Loire Métropole, scrutaient l'édifice. "Il encaisse bien mais nous devons être vigilants," note-t-il. Ces inspections font partie d'un processus habituel mais deviennent cruciales après des événements climatiques extrêmes.
Des dégâts potentiels identifiés
Selon Nicolas Le Bas, la crue pourrait ravager les fondations du pont, établies et reconstruites depuis 500 après J.-C. "Une telle crue peut désorganiser les fondations et causer des chocs dus à des débris charriés par le courant. Ce pont n'est pas conçu pour absorber de tels impacts latéraux," met-il en garde.
Le Cerema, établissement public d’expertise en infrastructures, intervient en urgence cette fois, rappelle Jean-Luc Malgat, directeur adjoint des Ponts-de-Cé. Ce contrôle visuel, mené des deux côtés du pont, permettra d’observer la voûte et déceler d’éventuelles fissures.
Les premières constatations semblent rassurantes. Pour l'heure, la circulation des piétons et cyclistes a été rétablie depuis le 25 février, mais l'accès pour les véhicules lourds demeure incertain. "Nous avons jusqu'à présent inspecté la moitié de l'édifice et il n'y a pas de problème majeur," assure Jean-François Clément, inspecteur d'ouvrage d'art au Cerema.
Les conclusions de cette inspection seront rendues à l'issue des deux jours d'évaluations. C'est à ce moment-là que la municipalité décidera d’un éventuel levée de l'interdiction d'accès au pont, fermé depuis le 18 février pour éviter d'aggraver les dommages.
À noter que le Cerema a d’ores et déjà identifié près d'une centaine d'ouvrages patrimoniaux à surveiller dans le cadre post-inondations, sur un total de 400 dans la ville.







