Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a récemment entendu le procès des propriétaires d'un gîte en Guadeloupe, impliqués dans un drame qui a coûté la vie à six personnes lors d'un incendie en 2018. Le procureur a requis une peine d'un an de prison avec sursis pour les prévenus, accusés d'homicides involontaires. Selon l'[Le Monde], les victimes, deux couples de touristes et leurs enfants, avaient été piégés dans les flammes dans la nuit du 30 au 31 octobre. Les expertise n’ont pas réussi à établir l’origine exacte de l’incendie, mais la négligence des propriétaires a été pointée du doigt.
La procureure, Caroline Calbo, a souligné que les propriétaires n'avaient pas respecté les obligations de sécurité, en particulier l'installation d'un détecteur de fumée. "Il y avait une absence évidente de dispositifs de sécurité, même pour des non-professionnels", a-t-elle déclaré, notant que cela avait contribué de manière significative au drame.
Les propriétaires, un couple sans casier judiciaire, ont exprimé leur "compassion" pour les familles des victimes, tout en soutenant qu'un détecteur de fumée se trouvait sur les lieux au moment de l'incendie. Leur avocate a argué que cet équipement avait pu être détruit lors du sinistre.
Le procès a suscité des réactions fortes de la part des parties civiles, qui ont rappelé que les victimes n'avaient pas été alertées à temps. Les victimes, dont deux sœurs et deux jeunes garçons, ont laissé un vide immense dans leurs familles respectives. "Elles ne sont pas mortes à cause de l'incendie, mais parce qu’elles n’ont pas été averties", a souligné Me Catherine Szwarc, représentant plusieurs parties civiles, dans une déclaration poignante.
Les débats ont également mis en lumière des questions plus larges concernant la responsabilité des propriétaires de gîtes et les normes de sécurité dans le secteur du tourisme. Comme l’a noté Me Laetitia Gaborit, avocate de deux des victimes, "les propriétaires ne peuvent pas louer leurs biens sans respecter les règles de sécurité".
La décision du tribunal est attendue pour le 10 février, et la tension reste palpable autour de cette affaire qui continue de hanter la communauté locale. Les procureurs insistent également sur le fait que les véritables responsables, ceux qui ont allumé le feu, restent à identifier, soulevant des interrogations sur la justice dans cette affaire complexe.







