Le président Donald Trump a relancé, le 7 janvier dernier, sa stratégie isolationniste en signant un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont de nombreuses sont affiliées à l'ONU. Parmi les cibles principales figurent la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) et des comités scientifiques de référence sur le climat, traités qui sont au cœur de la diplomatie climatique mondiale.
Ce retrait des États-Unis de la CNUCC, fondée en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio, représente un tournant majeur. Selon les déclarations de Rachel Cleetus, représentante de l'Union of Concerned Scientists, cela témoigne d'une volonté de l'administration actuelle de sacrifier le bien-être mondial au profit d'intérêts perçus comme américains. "C'est un signe inquiétant d'un rejet de la science et de la coopération internationale", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Trump avait déjà mis un terme à l'accord de Paris en 2017, mais continuer à faire partie de la CNUCC avait permis aux États-Unis de garder une certaine influence sur les discussions mondiales relatives au climat. Cependant, avec ce nouveau décret, le président tente de solidifier sa vision de "l'Amérique d'abord", en se distançant non seulement des engagements climatiques, mais également des engagements humanitaires et économiques pris lors de précédentes administrations.
Les États-Unis se retirent également du comité d'experts scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) et d’autres organisations dédiées à la protection de l’environnement comme l'Agence internationale pour les énergies renouvelables. Le décret impacte également le Fonds des Nations unies pour la population et l'Organisation des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).
Cette décision a suscité des réactions vives sur la scène internationale. Plusieurs experts soulignent que le retrait des États-Unis pourrait affaiblir considérablement les efforts mondiaux pour contrer le changement climatique, exacerbant des défis déjà pressants comme les catastrophes naturelles et l'égalité des sexes, qui sont également menacés par de telles décisions. Dans ce contexte, les critiques de l’ONU estiment que cette ligne dure contre les institutions internationales pourrait avoir des implications durables et déstabilisatrices.
Le président Trump, en tenant des discours controversés, a déjà qualifié le réchauffement climatique de "plus grande arnaque de notre histoire", mettant en avant le développement des énergies fossiles telles que le charbon, qu'il décrit comme "propre et magnifique". Ces commentaires, combinés à des décisions politiques régressives, soulèvent des inquiétudes quant à l'avenir des politiques écologiques aux États-Unis et dans le monde.
Les conséquences de ce retrait seront à surveiller de près, alors que l'administration Trump continue de déclencher une série d'attaques contre les engagements multilatéraux. La diplomatie américaine, comme nous l'avons connu, subit des transformations radicales.







