Le chemin de la guérison s'annonce semé d'embûches pour les rescapés de l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse. Face à ce drame, plusieurs grands brûlés, ayant traversé des épreuves similaires, s'engagent à accompagner les blessés ainsi que leurs familles dans cette période difficile.
Natan Fournier, âgé de 26 ans, a appris la terrible nouvelle alors qu'il était en voyage en Patagonie. Après avoir retrouvé une connexion, la nouvelle de l'accident, survenu « à seulement vingt minutes de chez lui », lui a fait l'effet d'un choc. Lui-même brûlé à 75 % du corps suite à un accident survenu à l'âge de 16 ans, il se souvient de la difficulté de se reconstruire. « À cet âge, on rêve de vivre pleinement, et se retrouver à l’hôpital, face à d'innombrables incertitudes, peut détruire la confiance en soi », confie-t-il.
Natan a ainsi offert son numéro de téléphone aux blessés, témoignant de son souhait d'apporter un soutien direct. Il est conscient que le trajet vers la guérison est long. « Il faudra du temps avant que les victimes se sentent prêtes à échanger et à avancer dans leur réhabilitation », ajoute-t-il. Les soins d'urgence, parfois accompagnés de comas, ainsi que les opérations chirurgicales et les greffes de peau sont des étapes cruciaux de ce cheminement.
Audrey Coupy, une jeune femme également touchée par un incendie dans son enfance, a partagé son expérience sur les réseaux sociaux. Âgée de 34 ans, elle avait été brûlée alors qu'elle n'avait que 7 ans. Dans un message touchant sur son compte Facebook, elle a proposé une adresse mail pour que les victimes puissent lui écrire. Selon elle, « le soutien est vraiment essentiel dans ce type de situation ». Elle se souvient de l'importance d'avoir reçu de l’aide lorsqu’elle traversa sa propre épreuve.
« Recevoir du soutien a été primordial quand j'ai traversé cette période », témoigne Audrey Coupy.
Dans un contexte où le collectif et l'entraide prennent tout leur sens, ces actions de solidarité s'avèrent indispensables. Les témoignages de Natan et Audrey montrent que, malgré la souffrance, l'espoir et le soutien mutuel peuvent aider les victimes à envisager un avenir meilleur.
Cette initiative a suscité l'intérêt des médias locaux et a rappelé des cas similaires dans le passé, où des survivants ont constitué des réseaux d'entraide pour surmonter des défis semblables. Des experts en psychologie soulignent l'importance de tels liens, affirmant que l'écoute et le partage d'expériences peuvent considérablement améliorer le moral des victimes. Selon le Dr Pierre Lefèvre, psychologue, « partager son histoire avec des personnes qui comprennent véritablement la douleur peut faire toute la différence dans le processus de guérison ».







