La tension monte dans le monde agricole alors qu'un accord crucial entre l'UE et le Mercosur se profile à Bruxelles. Après une démonstration de force époustouflante, les tracteurs de la Coordination rurale ont quitté Paris dans la nuit, en attendant des répercussions gouvernementales.
Marquant leur présence en défiant les interdictions, le syndicat agricole s'est regroupé autour de l'Arc de Triomphe et de la tour Eiffel dès l'aube de jeudi. Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a exprimé son espoir de recevoir un retour rapide du gouvernement : "Il est essentiel maintenant d'évaluer ce qui nous sera présenté".
Sans incident majeur, cette action a été saluée comme un succès, témoignant d’une mobilisation pacifique des agriculteurs. Cependant, des blocages routiers sont maintenus un peu partout en France, ainsi que des manifestations éparpillées en Belgique et en Pologne. Cette année marque le troisième hiver consécutif d’agitation agricole, où les agriculteurs expriment leurs inquiétudes face à une concurrence déloyale et à la précarité croissante.
Dans le nord de la France, des routes telles que l'A27 et l'A2 sont fermées depuis jeudi, bloquant ainsi l'accès vers la Belgique. "Ces blocages continueront jusqu'à lundi", a annoncé Anthime Coupet, président des Jeunes agriculteurs du Nord, qui a affirmé que le nombre de participants augmente. La colère s'est intensifiée suite à la gestion d'une épidémie bovine, ainsi que l'ouverture potentielle du marché français à des produits agricoles en provenance d'Amérique du Sud.
Emmanuel Macron a récemment annoncé que la France voterait contre cet accord, mais cela ne suffira pas à entraver sa ratification au sein de l'UE. Les agriculteurs craignent la libéralisation de l'importation de viande, de sucre et de volailles produites avec des normes plus laxistes que celles appliquées en Europe.
La FNSEA, premier syndicat agricole avec le soutien des Jeunes Agriculteurs, a prévu un rassemblement massif devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier si l'accord est signé. "Notre combat sera intense", a déclaré Venteau, rappelant que ses membres sont prêts à réagir de manière proactive. Le mouvement actuel inclut également une demande de moratoire sur les contrôles administratifs, que nombreux jugeaient excessifs.
D’après le ministère de l'Intérieur, une centaine de tracteurs ont été retirés des routes par la police et plus de 600 manifestants se sont mobilisés en Île-de-France. À travers 39 départements, des actions ont rassemblé environ 2.200 personnes. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a estimé que les blocages pourraient se résoudre progressivement, mais les agriculteurs continuent de défendre vigoureusement leurs intérêts.
Les voix dissonantes s'élèvent, et le temps presse pour que le gouvernement entende ces préoccupations en matière de durabilité et de concurrence déloyale. Les prochains jours seront cruciaux pour le dialogue entre l'État et le secteur agricole, comme le souligne un rapport des Echos.







