Le tribunal judiciaire de Troyes a prononcé, ce vendredi, la relaxe des neuf individus présents lors d'une polémique soirée costumée dans l'Aube, qui a eu lieu en octobre dernier. Parmi eux, cinq personnes s'étaient déguisées en membres du Ku Klux Klan et trois autres avaient adopté le blackface, ce qui a soulevé une vague d'indignation au sein de la société française.
Âgés de 21 à 56 ans, les prévenus étaient poursuivis pour « provocation publique à la haine » en raison de leur déguisement. Lors de l'audience, le parquet avait requis une amende de 5 000 euros, dont 4 000 avec sursis. La procureure a clairement dénoncé des actes « inadmissibles » qui témoignent d'une « banalisation d'un racisme latent » dans notre société.
Cette décision de relaxe a été accueillie avec une profonde préoccupation par l'association SOS Racisme, qui a exprimé ses craintes quant aux implications d'un tel jugement dans un contexte où les actes racistes sont en hausse. « Le tribunal prend le risque de normaliser des comportements qui portent atteinte à la dignité humaine », a-t-elle déclaré, demandant l'appel de ce jugement.
La soirée en question avait eu lieu dans un club de parachutisme à l’aérodrome de Brienne-le-Château. Des images diffusées au tribunal ont montré des participants déguisés posant près d’un feu avec des tenues emblématiques du Ku Klux Klan, mimant des actes de violence. L’un des prévenus a tenté de défendre ses actions, les qualifiant de « simple jeu entre amis », une justification qui a suscité de vives critiques.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait lui-même réagi à cette affaire, exprimant son indignation face à la participation de deux militaires de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) à cette soirée. Un expert en sociologie, interrogé par Le Monde, a déclaré que cette affaire illustre un « manque de prise de conscience sur les enjeux du racisme » et un besoin urgent d'éducation et de sensibilisation sur ces questions dans la société contemporaine.
En parallèle, les deux sapeurs-pompiers concernés ont été suspendus de leurs fonctions pendant une enquête interne. Le Ku Klux Klan, organisation ayant perpétré de nombreux actes de terreur contre les Afro-Américains, symbolise l'extrême violence raciale.»







